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Partout en France, les cheminots multiplient les actions pour la « Journée sans cheminots »

Si à Paris, la manifestation des cheminots a réuni plus de 2000 personnes lundi, partout en France, les grévistes ont multiplié les actions avec beaucoup d’imagination pour montrer leur colère face à la casse de leur statut et la privatisation de la SNCF.

3 conducteurs et contrôleurs sur 4 en grève, plus d’un aiguilleur sur 3 : la journée de grève appelée ce lundi 14 mai a été particulièrement suivie, avec des taux de grève parfois équivalent, selon les régions, à l’énorme journée de mobilisation du 22 mars dernier. A cette occasion, les grévistes ont monté de nombreux piquets de grève pour visibiliser leur grève, discuter avec les collègues, et parfois empêcher les salariés non grévistes de rejoindre le travail. A la gare de Marseille-Saint Charles, c’était le cas : dès 4 heures du matin, les grévistes ont monté un piquet offensif pour empêcher tous les trains de rouler.

« On est là pour parler à nos collègues non-grévistes, mais on ne veut pas empêcher les usagers l’accès aux trains. On veut une journée sans cheminots » a déclaré à France bleu Provence Gilbert Dhamelincourt, responsable Force Ouvrière dans la région. Résultat : sur les lignes Marseille-Aix et Marseille-Aubagne-Toulon, seulement un train sur cinq circulait. En plus de bloquer la circulation, les cheminots sont aussi allés prêter main forte aux étudiants qui cherchent à faire annuler les partiels imposés par les directions dans des facs militarisées. Malgré de nombreuses violences policières, les partiels ont pu être annulés.

Dans le pays Basque, c’est un autre type d’action qui a été mené par les cheminots : face au mépris de leur PDG, ils ont organisé un pique-nique pour « faire sa fête à Pépy » devant sa maison. 300 grévistes se sont donc rassemblés à l’initiative des syndicats CGT de Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye. « Il est en train de liquider l’entreprise ; on est ici pour rappeler à tous et toutes que ses déclarations médiatiques sont mensongères, et que non, il n’y a pas 8 cheminots sur 10 qui soutiennent sa réforme » annonce un syndicaliste au microphone.

Dans le Doubs, les grévistes ont mené une opération péage gratuit sur la barrière d’Ecole Valentin sur l’A36 pour diffuser des tracts aux usagers. Une opération réussie, qui a permis de mesurer le soutien populaire de la grève, avec des automobilistes qui souhaitent bon courage aux cheminots. « Avec plus de 70 % de grévistes ici, il y a une grande mobilisation des cheminots, qui dément les affirmations d’une grève minoritaire » explique un gréviste au micro de France 3 régions.

A Rennes, c’est un enterrement symbolique de la SNCF qu’ont simulé les cheminots, l’entreprise publique faisant un pas de plus vers la privatisation avec ce pacte ferroviaire. Suite à une assemblée générale, un die-in a été organisé devant la gare pour dénoncer la politique ultra-libérale du gouvernement.

Finalement, à Paris, après la manifestation, les cheminots parisiens se sont rassemblés dans une grande assemblée générale intergare qui a réunit 250 cheminots de toute la région. Une réunion qui a réitéré son invitation à faire une grande assemblée réunissant des délégations de toutes les gares de région à l’occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique le 22 mai, pour échanger collectivement à l’échelle nationale sur les moyens à mettre en œuvre pour gagner contre le pacte ferroviaire.




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