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Culture et Sport

Chroniques d'outre-atmosphère

Passengers : plate romance dans un emballage de science fiction

Le dernier film du norvégien Morten Tyldum (Imitation Game), auquel près de 120 millions de dollars ont été alloués, déçoit particulièrement, entre un scénario peu intéressant, des rebondissements inutiles, des personnages niaiseux et une palanquée d’effets spéciaux qui ne parviennent pas à émerveiller le spectateur. Alors que la fin de l’année 2016 a été marquée par des films de science fiction plutôt intéressants, comme le dernier Star Wars ou Premier Contact, Passengers est tout simplement à éviter.

Après la campagne promotionnelle du film, a posteriori prévisible quand on a vu le film, on ne peut que se sentir particulièrement berné par la super production de Columbia et Village Roadshow Pictures, Passengers. Toute la campagne se base sur ce petit leitmotiv qui revenait sur tous les supports :« ils ne se sont pas réveillés pour rien ». Quelques mois avant la sortie d’Aliens Covenant, on ne pouvait que penser au réveil justement non hasardeux de l’équipage du Nostromo dans Alien le huitième passager, le film culte de Ridley Scott.

Pourtant, ici, les personnages se sont bien réveillés pour rien : le premier parce qu’un composant électronique de son module d’hibernation a grillé (on a fait plus dramatique) ; l’autre parce que le premier est un salopard égocentrique fini. Toute l’histoire du vaisseau Avallon, lancé dans l’espace pour 120 ans vers une nouvelle planète, Homestead II devant être colonisée repose sur le fait qu’il a traversé un champ d’astéroïdes qui ont endommagé le « spacecraft » et que cela a entrainé un bogue… un bogue électronique qui en a entrainé d’autres.

Mais au delà de l’originalité du scénario, c’est tout le déroulement de l’intrigue qui est plat et toutes les questions susceptibles de donner un peu plus de profondeur au propos sont évacuées très vite. L’histoire se résume en effet à une romance entre Chris Pratt et Jennifer Lawrence qui ne prend pas : outre un développement convenu (premiers regards, premier verre, dîner, jusqu’à une proposition de mariage avortée), le spectateur ne rentre pas émotionnellement dans cette amourette. L’élément surement le plus intéressant du film est l’hésitation de Jim Preston (Chris Pratt) quand il doit choisir de réveiller ou non Aurora Lane, après un an de solitude : on aurait pu enfin avoir un moment intéressant. Mais la question est traitée très de façon totalement superficielle, dans un enchaînement très découpé à la fin duquel Jim décide d’enfermer à vie Aurora avec lui. Une condamnation à mort que le film s’efforce d’excuser, alors que c’est bien un acte inexcusable dont le technicien est coupable. Le film tente même de nous faire penser qu’Aurora, évidemment furieuse en apprenant qu’elle a été réveillée, alors que Jim Preston avait fait passer cela pour une panne, pourrait excuser cet acte égocentriste.

Finalement, le seul intérêt du film pourrait peut être de rechercher les petites références aux récents films de science fiction, des clins d’œil qui pourraient faire sourire s’ils ne constituaient pas l’intégralité de l’intérêt du film. Il faut aussi accorder aux effets spéciaux quelques idées de mises en scène, mais qui n’arrivent pas à rattraper toute l’ineptie du récit. Finalement, en bon film attendu dans l’espace, vous ne raterez évidemment pas la scène où l’homme de votre vie risque de mourir dans l’immensité de l’espace parce que la corde qui vous rattache au vaisseau est trop petite d’un mètre (sur près 200 mètres), un cliché qui fait davantage soupirer qu’entrer dans le drame d’une telle perte.




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