Politique

Euskadi, la répression se poursuit

Pays Basque. 3 mises en examen après 4 jours de garde-à-vue

Publié le 11 novembre 2016

L’opération avait été menée conjointement par la DGSI, l’anti-terrorisme français, et la garde civile espagnole à Ascain-Azkaine, Pays Basque Nord, samedi matin à l’aube. Trois personnes avaient été interpellées, dont Mikel Irastorza, accusé par le ministère français de l’Intérieur d’être le plus haut responsable de l’organisation indépendantiste basque ETA encore en cavale. Après une garde-à-vue de quatre jours (96h), ils ont tous trois été mis en examen.

Corinne Rozenn

Le couple de militants qui hébergeait Iraztorza à Ascain ainsi que ce dernier ont été transférés de Bayonne à Paris lundi avant d’être mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Cette nouvelle opération des forces de répression françaises et espagnoles contre la gauche indépendantistes basque indique bien la logique de confrontation qui continue à subsister à Paris autant qu’à Madrid.

L’ETA a pourtant annoncé un cessez-le-feu unilatéral en septembre 2010, suivi d’un « cessez-le-feu permanent, général et vérifiable » en janvier 2011 et a déclaré, en octobre de la même année, la « fin de la confrontation armée » en Euskadi-Pays Basque. L’ETA, pour autant, refuse de rendre les armes, c’est-à-dire de remettre aux autorités françaises et espagnoles ou à une instance de médiation l’ensemble de ses stocks opérationnels, ce dont est en charge l’appareil logistique de l’organisation dont Irastorza serait le responsable pour la DGSI.

C’est ce qui est reproché par Paris et par Madrid qui continuent par conséquent avec leur politique de répression, refusant de concéder aux prisonniers et prisonnières politiques basques le droit à être incarcérés dans des prisons basques comme l’exigent les conventions internationales pourtant signées par les deux capitales, continuant à mener des opérations policières contre les réseaux de la gauche aberztale à l’instar du Mandat d’arrêt européen qui pèse contre Emilie Martin à qui il est reproché d’être la parole d’Herrira, organisation de soutien aux prisonniers politiques basques. L’opération de samedi et la décision de frapper fort indique le parfait autisme de Paris et de Madrid, plus encore à la suite de la réélection de Rajoy (Parti Populaire, droite), à la tête du gouvernement espagnol après des mois de crise institutionnelle.

A la suite de l’interpellation, samedi, ainsi que mercredi soir, des rassemblements de soutien ont été organisés à Ascain-Azkaine en soutien aux militants arrêtés. Indépendamment des coups portés contre la gauche indépendantiste et de la stratégie passée et présente d’ETA, la permanence du soutien à la cause basque montre combien le droit à l’autodétermination pour Euskadi ne pourra pas être rayé par un trait de plume, d’un coup de matraque ou d’un coup tordu des services français et espagnols, en dépit de leur législation anti-terroriste d’exception renforcée par l’état d’urgence, dans le cas hexagonal.

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