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Politique

Covoiturage gratuit pour des réformes qui vont coûter cher aux cheminots

Pécresse et la direction de la SNCF sur le pied de guerre pour contrer la grève des cheminots

Alors que l’interfédérale du rail a décidé de poser des préavis de grève à partir du 3 avril, que le gouvernement tente de faire rentrer les syndicats dans le chemin du « dialogue social », mais que la colère continue à monter du côté des cheminots, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, ainsi que la direction de la SNCF, commencent également à penser un plan de bataille pour contrer le mouvement de grève qui s’amorce en limitant ses impacts.

Crédits photo : AFP / MATTHIEU ALEXANDRE

À peine annoncé et déjà un plan est pensé pour contrer la grève des cheminots. Valérie Pécresse, Pepy et Cie travaillent de concert pour que les usagers ne ressentent surtout pas l’état d’esprit général, c’est-à-dire qu’une très grande partie des cheminots sont prêts à se mettre en grève et à bloquer leur outil de travail.

Médias et gouvernement, main dans la main, continuent le cheminot-bashing en recourant à tous les procédés (mensongers) pour les faire passer pour des privilégies et ainsi, tenter de créer une division franche entre futurs grévistes et usagers. Pendant ce temps, on s’active en Île-de-France – certainement la région dans laquelle la grève se fera le plus ressentir – afin qu’elle passe le plus inaperçue possible.

Valérie Pécresse a en effet insisté a plusieurs reprises sur le fait qu’un service minimum devrait être garanti, à raison par exemple d’un train sur trois en circulation durant les heures de pointe. Comment va-t-elle s’y prendre pour empêcher que le mouvement de grève s’étende ? Si Pécresse, le gouvernement et la direction de la SNCF n’ont pas encore la solution, ils ont tout de même avancé quelques pistes...

Dans un premier temps, Valérie Pécresse a annoncé vouloir avoir recours un maximum au télétravail. C’est du 2-en-1 : d’une part, le travail à faire est effectué de loin, qu’il y a ait des blocages dans des gares ou pas ; d’autre part, cela empêche aussi tout contact entre les grévistes et les non-grévistes, de quoi mettre un obstacle à la massification du mouvement.

Valérie Pécresse a plus d’un tour dans son sac ! Pour éviter que les usagers soient trop dérangés, se rendant ainsi compte que quelque chose de grave est en train de se dérouler, afin qu’ils ne se rendent pas à la gare lorsque des cheminots tiendront des piquets de grève où ils pourront être informés sur les enjeux de la lutte, et afin qu’ils ne se positionnent surtout pas du côté des cheminots, Pécresse a promis à tous les usagers des services de covoiturage gratuit durant les journées de grève, et cela pour un coût certainement considérable au niveau de la région. La casse d’une contestation n’a pas de prix, celle de l’opinion publique non plus !

C’est notamment en brandissant la carte du « service minimum » que Valérie Pécresse compte mettre la pression sur les grévistes (et sur la direction de la SNCF, pour qu’elle s’active encore plus pour casser le mouvement de grève). Valérie Pécresse a déclaré ce vendredi sur RTL : « Nous avons fait voter une loi sur le service minimum. Si le service minimum n’est pas effectué par la SNCF, la SNCF devra rembourser les voyageurs ».

La SNCF, de son côté, prépare tout un dispositif pour que chaque voyageur soit informé à la minute du planning des trains opérant dans la journée, de l’annulation ou non de leur billet… Pour que la grève soit la moins incommodante possible pour les passagers, faisant bien sûr endosser aux grévistes la responsabilité d’une dysfonctionnement des gares, alors même que c’est le gouvernement qui casse le statut des cheminots et entame une privatisation du rail.

Il ne faut pas douter de la bonne volonté de Valérie Pécresse qui veut simplement « réduire la galère des voyageurs durant les jours de grève » et certainement pas essayer d’écraser le mouvement de grève qui va bientôt commencer contre justement la galère dans laquelle le gouvernement tente de mettre travailleurs du rail et usagers.




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