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Pendant qu’Airbus décroche la plus grosse commande de son histoire, les suppressions d’emplois continuent !

Jamais les nouvelles n’ont été aussi bonnes pour Airbus. Indigo Partners, une société d'investissement spécialisée dans la location d'avions, a acheté un total de 49,5 milliards de dollars de commandes. Pendant que les dirigeants se remplissent les poches, les travailleurs eux ont fait face à un plan de suppression d’emplois de 1164 postes en Europe, dont 639 en France.

Crédit photo : AFP

C’est une journée historique pour Airbus. Ce mercredi, le groupe a annoncé avoir vendu 430 avions de la famille A320 à Indigo Partners, société de location d’avions pour des compagnies low cost. Au prix catalogue, ce contrat préliminaire représente 49,5 milliards de dollars. Il s’agit de l’un des plus importants en volume jamais annoncé dans le secteur, et le plus important nombre d’appareils vendus en une fois signé par Airbus. C’est en plein salon aéronautique à Dubaï que la nouvelle est tombée. Un peu plus tard dans la journée, Airbus a également confirmé une seconde commande de 90 appareils de la famille A320neo auprès du loueur CDB Aviation Lease Finance.

De bonnes nouvelles donc, mais pas pour tout le monde. Dans le même temps, les suppressions d’emplois continuent chez le constructeur aéronautique mais aussi chez les sous-traitants. Le « projet gémini » vise ainsi la suppression de 1164 postes dont 640 en France. A Toulouse, ce sont 308 postes qui sont supprimés, ainsi que 108 mutations annoncées. Chez les sous-traitants, les « plans » de licenciements sont eux aussi toujours en route. Chez Latecoère, le plan de restructuration "Boost" ,déjà en cours, a supprimé 236 emplois, tandis que chez Figeac-Aéro, les salariés subissent de nombreuses restructurations avec des externalisations, des délocalisations et des transferts de contrats de travail dans de nouvelles filiales.
Du constructeur Airbus jusqu’aux sous-traitants, les suppressions d’emplois sont devenues la norme dans le secteur aéronautique tandis que les chiffres des commandes explosent. Un contraste d’autant plus flagrant que « les perspectives d’activité sont bonnes pour ces prochaines années » avec un trafic aérien, et notamment du low cost, qui ne cesse d’augmenter. Ainsi, Airbus et Boeing misent sur un doublement de leurs flottes d’ici 2020. La guerre commerciale est sans merci tandis que de sérieux concurrents potentiels visent à attaquer le marché, comme le chinois Comac, ou encore le constructeur brésilien Embraer. Comme toujours, cette guerre a des « dégâts collatéraux » : les travailleurs.

Toulouse qui est présentée comme le "poumon économique" de l’aéronautique est quand même touché par les licenciements et le chômage. Entre temps, les différentes affaires suspectées des pots de vin montrent comment le constructeur fait ses « affaires ». Ce sont des centaines de millions d’euros de commissions occultes qui sont présumées : qui ont été volées, en définitive, directement sur le dos de l’exploitation des salariés, des suppressions de postes,de leur santé, voire parfois de leurs vies.




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