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Notre classe

Prémisses de la privatisation

Périgord : laboratoire du licenciement économique à la SNCF

Nouvelle attaque de la direction de la SNCF. Aujourd'hui, la porte est ouverte au licenciement économique pour les cheminots en CDI. En effet, tous ceux qui refusent une modification de leur contrat de travail lié à un reclassement, ceux qui refusent par exemple la mobilité à échelle nationale, seront susceptibles d'être tout simplement licenciés ! Cette question des cheminots n’ayant pas le statut classique est comme on le redoutait une première brèche qu’utilise la direction, qui permettra certainement le licenciement, à terme, de tous les cheminots qu’elle souhaite et d’atteindre les objectifs de casse du service publique qu’elle s'est fixés.

Crédits : REUTERS/Benoit Tessier

C’est dans une lettre datée du 27 octobre, adressée aux représentants du personnel, que la direction de la SNCF indique qu’elle fait appel à la DIRECCTE (inspection du travail) pour enclencher cette procédure qui sévira pour la première fois sur le Technicentre Industriel Charentes Périgord (ateliers de Périgueux et Saintes). Elle permettra donc le licenciement de cheminots embauchés dans le cadre du RH0254 (anciennement PS 25), qui sont des cheminots en CDI, hors statut, embauchés par la SNCF sous certaines conditions : lorsqu’on a plus de 30 ans ou qu’on n’a pas la nationalité française. Un ensemble de différences fait que ce statut est bien moins avantageux que le statut classique : des salaires plus faibles suivant les postes, mais surtout une affiliation à la sécurité sociale classique et non au régime spécifique des autres cheminots (caisse de prévoyance). Les retraites sont également différentes. Aujourd’hui, les cheminots en CDI, qu’on appelle également "les contractuels", seront donc en plus de cela potentiellement visés par des licenciements s’ils refusent une modification de leur contrat de travail lié à un reclassement – reclassements qui sont de plus en plus fréquents à la SNCF car les restructurations à la baisse (suppressions d’ateliers, de personnels en gare…) sont une politique maintenant assumée de la direction.

Dans le cas des cheminots de Saintes et Périgueux, déjà en lutte depuis près d’un an pour la sauvegarde de leur emploi (165 suppressions pour le moment actés par la direction), cette nouvelle attaque permettra soit de garantir les 165 suppressions en comptant sur les départs en retraites et en touchant essentiellement des intérimaires et des contractuels, voir de ré-augmenter le nombre de suppressions de postes ! Alors que les mobilisations avaient permis de le faire diminuer.

Consciente de ce problème la CGT cheminot Périgueux, sera d’une part mobilisée le 16 novembre lors de la journée inter-professionnelle, mais poursuivra aussi le 17 pour maintenir une pression sur leur direction durant une nouvelle rencontre qui devrait annoncer de nouveaux éléments sur l’avenir de l’atelier.

Les travailleurs de l’atelier de Toulon ont déjà montré leur combativité, mais ils seront donc maintenant les premiers à se mesurer à la direction sur cette question. Nous ne doutons pas qu’ils réussissent à calmer les ardeurs de la direction, mais il faudra à l’avenir une mobilisation de tous les cheminots car cette mesure s’étendra très certainement aux contractuels de toute l’entreprise puis à tous les salariés. Il faut stopper les plans de licenciements à peine masqués, qui constituent un saut important dans les attaques en cours à la SNCF.




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