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« Marche du rail »

Périgueux. Les cheminots se mettent en marche contre la casse du rail

Hier matin à 9h30, cheminots, usagers et élus locaux se sont réunis pour organiser une action coup de poing : l'envahissement du rail liant Périgueux à Boulazac accompagné d'une marche d'une gare à l'autre sur 6 kilomètres. Une occasion de marquer le coup à l'heure du septième épisode de la grève des travailleurs du rail.

Crédits Photo : France 3 Périgords - Philippe Niccolaï

250 personnes se sont réunies jeudi 3 mai à 9h00 devant la gare de Périgueux dans le cadre d’une "marche du rail". Etaient présents des cheminots syndiqués, mais aussi de nombreux usagers accompagnés de quelques élus locaux. La marche a pris son départ environ une demi-heure plus tard et s’est déroulée sans heurts : les manifestants ont notamment été soutenus par des agents de la finance publique, eux aussi en lutte, qu’ils ont croisés lors de leur action, ainsi que par des riverains sortis spécialement pour l’occasion afin d’afficher leur solidarité. Ils ont été accueillis à Boulazac vers midi par un cortège de soutien composé de cheminots, de travailleurs d’autres secteurs en lutte et d’étudiants et plusieurs prises de parole ont eu lieu.

Cette action, c’est une manière de se réapproprier le rail, de rappeler que ce dernier est la propriété de ses usagers avant tout mais une manière aussi de lancer un signal d’alarme face au risque de disparition auquel de nombreuses lignes moins fréquentées sont directement confrontées dans le cadre de la libéralisation du rail. L’appel avait été relayé de manière unitaire par les syndicats présents sur place, CGT, Sud et CFDT, pour cette action d’un nouveau type.

L’évènement prend d’autant plus d’impact localement que la ligne Périgueux-Agen toute entière est menacée de fermeture et, avec elle, le technicentre de Coulounieix-Châmiers, lieu de travail de 70 cheminots. Cette ligne dite "secondaire" ou "complémentaire" dans les dossiers gouvernementaux est peu fréquentée et donc peu rentable, chose absolument intolérable selon la logique de privatisation du rail qui est celle de Macron. Les trains s’y font d’ailleurs d’ores et déjà de plus en plus rares et la gare de Périgueux-Saint Georges fait dans ce domaine figure de triste exemple, puisque plus aucun train ne s’y arrête depuis plusieurs mois. Les cheminots mobilisés ont fait un arrêt symbolique devant ce lieu emblématique et y ont apposé plusieurs banderoles et affiches interpellant les responsables locaux, Alain Rousset en tête, sur leur responsabilité face à cet échec.

Le mouvement ne s’arrête d’ailleurs pas là, puisque les cheminots ont d’ores et déjà prévu une assemblée générale vendredi, à l’issue de laquelle sera décidée la suite des évènements : un organe d’auto-organisation qui ne sera certainement pas de trop pour faire face a Macron et à la privatisation du rail.




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