^

Notre classe

Loi Travail XXL

Perte nette de 1000€ : Les routiers ressortent du ministère déterminés à poursuivre le mouvement

Le gouvernement et le patronat attendaient beaucoup de cette réunion avec les syndicats de routiers. Mais ces derniers ont découvert que les ordonnances remettaient en cause toutes les primes, ce qui correspond à une perte nette de 1 000 euros. De quoi attiser la colère.

Crédit Photo : La voix du nord

Ce mercredi, les syndicats, CFDT, CGT, FO, CFTC, CFE-CGC, se sont rendus au ministère des Transports pour rencontrer le patronat et les représentants du gouvernement. Le but étant de négocier pour leur secteur, comme lors de la première loi travail, une sortie du conflit. Si l’an passé ils avaient obtenu des avancées et abandonné une lutte qui était plus globale que leur corporation, cette fois ci, ils en sortent « très énervés ».

Des discussions sous tensions

Les discussions ont été « très tendues » à tel point que la CFDT a claqué la porte avant la fin des cinq heures de l’entrevue. A l’issue de la discussion qui a fini vers 21h, Jérôme Vérité, de la CGT-Transports, s’est dit « effaré ». Les syndicats de routiers n’ont « rien obtenu de concret » et ils ont appris « avec stupeur que les ordonnances venaient impacter les frais de route » acquis crucial pour la profession.
En effet, la réforme du Code du travail permettra de remettre en cause « toutes les primes » jusqu’ici garanties par les conventions collectives. Cela remet en cause les frais de route, les primes d’ancienneté ou encore le 13e mois a expliqué Christian Cottaz pour la CFDT. Concrètement c’est une baisse de « 1 000 euros par mois sur la fiche de paie pour un conducteur zone longue ». FO explique que suivant le type de mission c’est compris dans une fourchette de 600 à 1 000 euros.
Les syndicats insistent pour que ces primes soient sanctuarisées, mais « le patronat ne veut rien lâcher », a estimé Patrice Clos de FO.

Une tactique du gouvernement ?

De son côté, Elisabeth Borne, ministre chargée des transports, a expliqué que « ces sujets vont être expertisés, et le dialogue doit se poursuivre dans un esprit constructif et responsable. ». On se demande quel dialogue est possible devant la détermination du gouvernement qui, main dans la main avec le patronat, passe en force sa nouvelle loi travail. Selon elle, « cette expertise devra porter sur les frais de déplacement spécifiques aux chauffeurs routiers ». De fait, le reste des revendications des syndicats routiers passent à la trappe. On voit bien que le gouvernement adopte sa tactique habituelle. Il agite un épouvantail, ici les primes, afin que l’ensemble des syndicats se concentre dessus, puis il lâchera sur ça mais par contre l’ensemble des autres attaques passeront comme une lettre à la poste.

Une nouvelle rencontre entre syndicats et fédérations patronales est prévue le 4 octobre pour « évoquer les éléments liés à la rémunération, sur lesquels il y a des inquiétudes, sur la question de l’ancienneté notamment », a déclaré Jean-Marc Rivera de l’OTRE, une organisation qui fédère des PME du secteur. La CGT va faire un retour auprès de sa base et voir les suites à donner au mouvement reconductible lancé lundi avec FO. Jérôme Vérité entend déjà « remettre un grand coup » dès la semaine prochaine. Pour FO, Patrice Clos « n’appelle pas à lever la grève » et la FGT CFTC a confirmé vendredi à la mi-journée sa participation à la grève du mardi 10 octobre 2017.

Il faudra s’attendre à la poursuite du bras de fer entre camionneurs et gouvernement pour la plus grande joie des travailleurs qui doivent faire face à la plus grande attaque sur le code du travail depuis cette conquête sociale. Cette attaque sur les primes ne s’arrête pas aux camionneurs mais est valable pour l’ensemble des secteurs. La lutte des routiers ne doit pas s’arrêter à leur corporation mais doit entrer en résonnance avec l’ensemble des revendications des étudiants et travailleurs qui sont d’ores et déjà rentrés dans la lutte contre les ordonnances de Macron.




Mots-clés

Loi travail 2   /    Routiers   /    FO   /    Emmanuel Macron   /    CGT   /    Notre classe