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Société

Solidarité face à la menace d'intervention policière imminente

Pessac (33). Non à l’expulsion des familles de l’EHPAD l’Alouette !

© photo L'oeil de Ken Nous relayons ci-dessous l'appel à soutien du collectif solidaire des familles occupant l'EHPAD L'Alouette CHU de Bordeaux, menacés d'expulsion dans les prochaines heures, et invitons nos lecteurs à signer la pétition de soutien.

« Les portes de l’avenir sont ouvertes à ceux qui savent les pousser » Coluche

Depuis le mercredi 8 février un collectif citoyen a ouvert les portes de l’ERPAD de l’Alouette (locaux vacants depuis près de 2 ans) situé dans l’enceinte du CHU sur le site de Xavier Arnozan afin d’y héberger les familles qui se trouvaient, pour certaines, à la rue suite à l’évacuation du Gymnase Grand parc 2 (conséquence de la fin de l’hébergement d’urgence« plan grand froid »).

Depuis, la direction du CHU de Bordeaux a procédé à la coupure pure et simple de l’électricité dans ce bâtiment, privant ainsi volontairement les familles hébergées de chauffage. Les habitants de l’Alouette se voient donc contraints de recourir à des moyens de chauffage alternatifs dans des conditions de sécu­ rité et de vie extrêmement précaires.

Pourquoi la Direction n’a-t-elle pas rétabli l’eau plutôt que de couper l’électricité ? Cette démarche ne fait que confirmer les positions de la Présidente du Comité technique d’établissement qui a rappelé : le travail social n’est pas la vocation première du CHU et sa priorité doit rester le sanitaire. Nos admi­ nistrateurs attendent-ils alors qu’un enfant soit admis aux urgences pédiatrique en hypothermie pour que le CHU remplisse pleinement le seul rôle qui lui incomberait ... soigner des patients.

Et que dire aussi de ces agents de sécurité privés postés H24 devant le compteur électrique du bâti­ ment alors que le sous-effectif règne dans les services ?

Malgré nos interventions, la Direction a saisi le tribunal administratif pour débouter la procédure d’officialisation d’occupation des lieux engagée par le collec­ tif citoyen. L’administration a obtenu ven­ dredi en référé l’autorisation d’expulsion des nouveaux habitants et cela sans qu’aucune solution de relogement n’ai été proposée à ce jour.

La première urgence est le rétablissement de l’électricité et nous demandons au Directeur général du CHU et à Alain JUPPE, Président du conseil de sur­ veillance du CHU, qu’il soit effectif dans les plus brefs délais. Nous demandons également le rétablissement de l’eau dans ces locaux, ainsi que l’arrêt immédiat de la procédure d’expulsion. Collègues ! Les nouveaux habitants de l’ERPAD de l’Alouette et le collectif citoyen ont besoin de notre soutien !
Ne laissons pas passer la déshumanisa­ tion de l’hôpital sans réagir !

Pour aller plus loin et en savoir plus : le Facebook Soutien à l’alouette et au verso un article du collectif citoyen qui soutient les familles de l’Alouette.


Déclaration du collectif citoyen

Le 02 Février 2017, malgré la mobilisation et le soutien indéfectible des habitants du quartier du Grand Parc, la préfecture de la Gironde ordonnait la fermeture du gymnase du Grand Parc qui accueillait encore une dizaine de familles sans domicile fixe avec enfants. « Aucune sortie sèche » assurait la préfecture. Aucune solution viable ou pérenne non plus. En bons gestionnaires de crise, les pouvoirs décisionnaires et nos élus ont simplement et efficacement déplacé« le problème ».

Les familles sont éparpillées dans les communes alentours, parqués dans des hôtels, des foyers inadaptés à leurs compositions, au secteur de scolarisation des enfants et sans qu’aucune garantie de durée ne leur soit donnée. Débarrassée de ces individus sans droit de vote ni pouvoir d’achat, Bordeaux, plus belle ville
du monde 2017 selon le site « lonely planet » sauve les apparences et conserve sa superbe... Et ses touristes ! Nos objectifs :
Depuis 6 jours maintenant, les anciens occupants du gymnase vivent suspendus à la décision d’une admi­ nistration. Ils sont épuisés physiquement, psychologiquement, fatigués d’être ballottés d’hôtels en halls d’hôpitaux, faute de place au 115.

L’angoisse d’un retour à la rue les hante. Les enfants sont les premières victimes de ces situations dramati­ ques. Leurs places n’est pas dans la rue, quel que soit leur pays d’origine. Il serait plus commode de préten­ dre que cela ne nous concerne pas, que nous n’y pouvons rien. Mais nous n’acceptons plus de baisser les yeux d’impuissance quand nous croisons les leurs dans les recoins de NOTRE ville.

Romain Rolland disait« Quand l’ordre est injustice, le désordre est déjà un commencement de justice ». Dès lors nous jugeons juste de nous unir pour réquisitionner et faire vivre l’un des milliers de bâtiments vacants de notre agglomération. Abriter une quarantaine de familles de façon durable, en leur apportant sécurité, stabilité et soutien. Créer du lien social, de la cohésion, de la solidarité, cela vaut bien un joyeux désordre !

Il ne tient qu’à vous, institutions, collectivités, d’apporter enfin à ses familles une réponse concrète : un hébergement à long terme, un logement, une chance pour eux de recommencer à vivre dignement. Aussi longtemps que nous verrons des enfants dans les rues, nous ne lâcherons rien. Nous ne serons pas compli­ ces, nous n’allons pas disparaître ...

Loi n°90-449 du 31 mai 1990 visant à la mise en œuvre du droit au logement Art.1 : Garantir le droit au logement constitue un devoir de solidarité pour l’ensemble de
la nation.

Le collectif citoyen. Co-signataires :
Médecins du monde aquitaine, NPA Pessac, SUD Santé Sociaux, Noël Mamère




Mots-clés

expulsion   /    Logement   /    Société