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Etat israélien

Pétition, tribune d’intellectuels, manifestation : la loi sur l’Etat Nation juif ne passe pas en Israël

C’est une loi qui choque, que ce soit dans l’Etat israélien ou dans le monde entier. La loi qui proclame l’Etat nation juif et qui entérine l’Etat d’apartheid sioniste attaque toutes les communautés, arabes, druzes, palestinienne, LGBTI. De fait, la société israélienne se mobilise face à cette offensive sioniste du gouvernement de Netanyahou.

Crédit photo:Tomer Neuberg / Flash90

L’État-nation pour le peuple juif, un rêve pour tous les sionistes et tous les fondamentalistes religieux, Netanyahou l’a exhaussé. Mais cela a du mal à passer.

L’État israélien se définit comme un Etat raciste

La loi sur l’État nation du peuple juif entérine le caractère structurellement raciste de l’État israélien.
Comme l’explique la lettre ouverte de 180 intellectuels et artistes israéliens qui se sont rassemblés pour dénoncer cette nouvelle loi, « Israël est maintenant défini comme un État-nation pour les juifs uniquement. Il s’agit d’une loi fondamentale, avec un statut quasi constitutionnel, qui autorise explicitement la discrimination raciale et religieuse, annule le statut de l’arabe comme langue officielle au côté de l’hébreu, ne mentionne pas la démocratie comme fondement du régime, ni l’égalité comme valeur de base ». Les arabes israéliens représentent 20% de la population israélienne, cela fait donc 20% de « citoyens israéliens » de seconde zone. En tout, il y a 1,8millions de non-juifs qui sont concernés par cette loi raciste.

De fait, ces intellectuels israéliens dénoncent un nouvel État basé sur la discrimination raciale et religieuse. De plus, ils dénoncent le fait que la démocratie en tant que base du régime ne soit pas mentionnée dans la loi et ne mentionne pas non plus l’égalité en tant que valeur fondamentale de l’État israélien.

Le texte de loi est un appui essentiel à la politique coloniale israélienne, entérinant Jérusalem dans sa totalité comme capitale de l’État israélien et le texte affirme également que « l’État considère que le développement des implantations juives relève de l’intérêt national et que l’État prendra les mesures pour encourager, faire avancer et servir cet intérêt ». Ainsi, tout développement de colonie illégale en terre palestinienne est non seulement légitimé, mais encouragé au nom de l’intérêt de la nation. Un système colonial et d’apartheid renforcé par le suprématie du « peuple juif » sur les autres. La loi reconnait « l’État d’Israël comme l’État national du peuple juif, où celui-ci applique son droit naturel, culturel, religieux, historique ainsi que son droit à l’autodétermination ». Niant de fait tous les droits des autres peuples composant l’État israélien et le peuple palestinien qui se voit voler ses terres et ses ressources par le colonisateur israélien.

Les Druzes, peuple arabe issu de la branche Chiite de l’Islam, a toujours été l’exemple, pour les sionistes, d’intégration d’arabes dans l’État israélien. Ainsi, « environ 83% des jeunes Druzes servent dans les rangs de Tsahal. Il s’agit là du taux d’engagement le plus élevé en Israël, toutes communautés et tous secteurs confondus, y compris les Juifs » selon I24news. Ils seraient 130 000 dans l’armée israélienne. En réaction à cette loi des officiers druzes ont démissionné de l’armée et encouragé les leur à faire de même. Netanyahou ne peut pas se permettre de perdre le soutien des Druzes qui ont voté en majorité pour lui et qui jouent le rôle de « caution » pour affirmer que l’État d’Israël n’est ni raciste ni colonialiste. De fait, il a expliqué que « la loi ne change en rien [leur] statut ». Deux amendements pourraient être votés afin de s’assurer le soutien des Druzes.

Les israéliens se mobilisent

Devant une loi aussi extrême, les Israéliens, à l’image de la tribune des intellectuels et artistes ne comptent pas laisser les mains libres au gouvernement extrémiste de Netanyahou. En effet, lundi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés à Tel-Aviv afin d’assister à une « leçon d’arabe » en plein air, comme l’explique l’Humanité. Avant le vote de la loi les Israéliens avaient déjà manifesté, ils rebattront le pavé ce samedi. De plus, ce vendredi, jour de la Pride en Israël, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pour défendre leur droit en tant que personne LGBTI.

Et ce, parce que la loi État nation attaque directement les personnes LGBTI. Cette loi porte atteinte à la loi sur le recours à des mères porteuses qui permettait à toute personne d’en bénéficier.
Désormais, les hommes célibataires ne peuvent plus faire appel à une mère porteuse, de même que les couples homosexuels. Arabes chrétiens et musulmans et d’autres communautés se verront refuser une pareille demande. Cette 17ème marche des fiertés était donc très politique cette année dans l’État israélien. 22 000 personnes à Jérusalem ont scandé des slogans contre cette loi État nation mais également contre l’occupation israélienne.

Un mouvement populaire qui a de quoi inquiéter le gouvernement à l’approche des élections de novembre 2019. Élections qui peuvent être avancée étant donné les scandales de corruption au sein du gouvernement. Au sein même du gouvernement, la loi État nation ne passe pas très bien. Non pas qu’ils s’y opposent puisqu’ils sont en accord avec le texte, mais ils doutent plutôt de la temporalité. Cette loi déjà adoptée pourrait aller trop vite et trop loin, ce qui en cette période trouble (affaire de corruption, aggravation de situation à Gaza) pourrait être fatal au gouvernement Netanyahou, qui reste malgré tout solide, grâce au soutien des franges les plus réactionnaire de l’État israélien.




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