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Tribune libre

Phase IV, étonnant film de science-fiction de Saul Bass

Publié le 4 août 2016

Article publié originellement sur le blog de Jean-Jacques Brigé

Le film de Saul Bass, à qui l’on doit les célèbres génériques d’Hitchcock, Preminger, Wilder, Kubrick, etc., ne ressemble à aucun autre. Par cette science-fiction à la fois dystopique et entropique, il remet l’humanité à sa place sans glorifier aucune autre espèce. Mais son style, par son rythme, ses images et ses sons, en fait une œuvre incontournable dans l’Histoire du cinéma.

Régulièrement je tombe sur un film que j’avais laissé de côté pour de sombres raisons et je me dis que mes craintes sont souvent mal placées. Lors des dernières semaines je ne compte plus ceux que nous avons abandonnés après dix minutes de projection. Nous avions déjà écarté ceux que Jonathan ou moi avions déjà vus. Nous sommes patients, mais dès le début nous arrivons à anticiper ce qui se passera ensuite. Le moindre doute nous fait prolonger la tentative à une vingtaine de minutes, mais c’est rare que cela s’arrange au delà ! Certaines affiches qui ne correspondent pas du tout aux films nous dissuadent de les regarder, certains titres ne sont pas plus excitants. J’ai classé par genre les films que je voudrais voir un de ces jours, mais ce n’est jamais le bon. Ainsi, en désespoir de cause, j’ai lancé le film de science-fiction Phase IV sans savoir ce que c’était.

Pas de générique, de grosses fourmis en très gros plan, on a failli passer le début en accéléré... Vous pouvez voir ce qu’on a vu ci-dessus ou regarder l’intégralité en streaming. Et puis le film a commencé, c’était vraiment très original, un film qui ne ressemblait à aucun autre, peu de comédiens, du moins parmi les humains, presque un huis-clos, des effets sonores épatants donnant tout leur sens aux images... Film de science-fiction qui tire sur l’épouvante parce que le thriller tient en haleine, des scènes incroyables... La bande-annonce ci-dessous en dit peut-être trop et risque de gâcher le plaisir de la découverte. J’ai évité de reproduire l’affiche qui est nulle et donne une interprétation tendancieuse de l’énigme. À la fin nous avons découvert qu’il s’agissait du seul long métrage signé Saul Bass, ça alors !

Saul Bass est le graphiste de génie qui a réalisé les génériques de Vertigo, La mort aux trousses, Psychose, Anatomie d’un meurtre, West Side Story... affichiste d’Otto Preminger, Alfred Hitchcock, Billy Wilder, Stanley Kubrick, Steven Spielberg... auteur de logos pour la pub, etc. Le film n’avait eu aucun succès. Cela arrive souvent avec des chefs d’œuvre atypiques. En plus, les sons électroniques ont été fabriqués par David Vorhaus qui était à la tête du groupe White Noise que j’adorais, et les autres effets musicaux par Stomu Yamashta dont les percussions m’avaient emballé en 1971... Mais surtout le film soulève des questions angoissantes qui sont toujours d’actualité depuis 1974.

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