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Philippe Poutou : « Les exploités parlent aux exploités »

Publié par l’Est Républicain. Candidat du Parti anticapitaliste (NPA) à la présidentielle, Philippe Poutou était en Franche-Comté hier. Distribution de tracts, en milieu de journée, à la portière de l’usine de Sochaux avant un meeting, en soirée, à Besançon.

Pour Philippe Poutou, « il suffit de pas grand-chose pour que les gens retrouvent confiance en eux-mêmes, s’organisent et se battent pour renverser l’ordre établi, un système qui génère des millions de chômeurs, une pauvreté dingue, une violence sociale, et aussi policière, affolante  ».

Pour preuve : « regardez ce qui se passe en ce moment en Guyane  », invite le candidat à la présidentielle du Parti anticapitaliste (NPA) en distribuant des tracts à l’entrée de l’usine PSA de Sochaux (portière Est), hier midi au changement de tournée.

« BEAUCOUP DE RÉSIGNATION »

Philippe Poutou était au même endroit, il y a cinq ans, lors de sa première campagne présidentielle. En 2012, le groupe PSA était au trente-sixième dessous, proche du dépôt de bilan. Or, l’an passé, il a renoué de manière spectaculaire avec les bénéfices et il a annoncé, il y a quelques jours, le rachat de l’allemand Opel. « PSA va peut-être mieux, mais la situation des salariés, elle, n’a pas changé. Leurs conditions de travail sont toujours difficiles. Elles se dégradent même  », dénonce-t-il. « Il y a certes des embauches ici et là, mais elles ne rattraperont pas tout ce qui a été perdu ces dernières années. Qu’une entreprise fasse des profits ou pas, pour les salariés, c’est la même chose.  »

Philippe Poutou turbine, lui aussi, dans l’automobile, à l’usine Ford, à Bordeaux. L’an passé, le constructeur américain a réalisé 9 milliards d’euros de bénéfices. « Cela ne l’a pas empêché de supprimer des emplois, de rogner sur les salaires et les acquis », poursuit-il. « Il n’y a aucun espace de discussion possible avec la direction pour améliorer le sort des salariés. Il manque un vrai coup de colère des citoyens, une vraie riposte, à tous les niveaux, pour rééquilibrer le rapport de force et commencer à avoir un début de dialogue social. »

Avec la justice qui talonne François Fillon (LR) et Marine Le Pen (FN), le contexte ne devrait-il pas davantage bénéficier au NPA ? « C’est vrai, il y a de plus en plus de chômage, de précarité, d’injustices, d’inégalité, avec des patrons qui s’enrichissent toujours plus et des politiciens qui trichent toujours plus, mais ce n’est pas aussi simple que cela. Il y a malheureusement beaucoup de résignation chez les gens. Au NPA, on veut leur montrer qu’il est largement possible de vivre autrement, de créer une société plus démocratique, moins injuste. En France, il y a des richesses. Ce qu’il faut, c’est les partager. »

Alexandre BOLLENGIER

crédit photo :
Francis REINOSO




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