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Politique

Une réunion publique sous le signe de la combativité

Philippe Poutou aux côtés des candidates NPA du 93

Violences policières et rouleau-compresseur austéritaire, perspectives de luttes, résistances à construire et un monde nouveau à conquérir, voilà quelques-unes des questions sur lesquelles sont revenues les candidates de la première et de la seconde circonscription du 93 en présence de Philippe Poutou, pour clôturer la campagne, à Saint-Denis.

Crédits photo : Révolution Permanente

De l’avis de tous les participants, ça a été une belle réunion publique, à l’image des deux circonscriptions de l’Ouest du 93 (Epinay, Saint-Ouen, Ile-Saint-Denis, Saint-Denis et Pierrefite) où le NPA présente deux listes.

C’est Cathy Billard, enseignante au Lycée Pro Bartholdi, candidate titulaire de la seconde circonscription, qui a ouvert l’échange en revenant sur la situation des services publics dans le département, à commencer par l’état de délabrement dans lequel se trouve l’éducation, mais aussi sur les luttes qui ont rythmé, ces dernières années, un territoire qui a été le théâtre de multiples mobilisations des enseignants, des parents et des élèves pour affronter les coupes, les suppressions de poste et les non-remplacements. En 1998, lors de la dernière grande lutte offensive, mais également en 2014, lors du combat des parents et des enseignants du « ministère des Bonnets d’âne », sur les questions de remplacements, c’est par la mobilisation que la situation a pu changer.

Ce qui vaut pour le primaire et le secondaire est également vrai à la fac. Simon Assoun, étudiant à Paris 8, suppléant sur la second circonscription, est quant à lui revenu sur ce qui a fait les origines de l’Université de Vincennes, à savoir cette volonté de transformation née de 68 qui s’est à nouveau exprimée à travers la lutte contre la Loi Travail, au printemps dernier. Mais « même si nous n’avons pas gagné, nous avons appris à nous battre, ensemble », a souligné Simon, mettant en avant comment ce capital a été réinvesti, tout au long de cette année universitaire, à travers des mobilisations d’étudiants en appui aux cheminots du Bourget, des travailleurs de MC Syncro ou encore de GM&S, dernièrement, mais aussi la façon dont ces alliances avec les équipes syndicales ont perduré et se sont déclinées lors des manifestations contre les crimes policiers de cet hiver.

Dans un 93 fragilisé par une situation de chômage et de précarité, au travail et au niveau du logement, absolument scandaleuse, les politiques austéritaires laissent des marques profondes. Théo, territoriale, suppléante de Cathy Billard, a montré comment ces politiques sont déclinées au niveau gouvernemental et comment la gauche locale s’en accommode et finit par les valider, y compris lorsqu’elle prétend défendre les classes populaires.

Victimes, dans les quartiers, d’un ciblage et d’un quadrillage policiers qui se traduisent par des violences systématiques, Elise Lecoq, enseignante à Stains, titulaire sur la première circonscription et ancienne candidate à la mairie de Saint-Ouen, a passé en revue ces « méthodes issues du passé colonial de la France » et la façon dont le NPA s’oppose au tournant sécuritaire que Macron veut poursuivre en inscrivant dans le marbre l’état d’urgence mais en s’opposant également à ceux qui, à gauche, entendent répondre à des problèmes réelles par la « police de proximité » : « la proximité rendrait moins scandaleux les contrôles au faciès, les garde-à-vue-arbitraires ? Elle rendrait moins dure les coups de matraques des flics ? ».

Cette question de la répression, elle est inscrite dans l’ADN gouvernemental. Encore aujourd’hui, des militants sont poursuivis pour les mobilisations du printemps passé. C’est ce qu’a souligné Philippe Poutou, en revenant sur les paradoxes de la situation, à savoir un ras-le-bol bien réel, dans les classes populaires et le monde du travail, d’un côté, et l’élection de Macron, de l’autre, qui compte y compris remporter une majorité aux législatives. Philippe est également revenu sur les potentialités qui sont inscrites dans la situation actuelle, où ce qui est à l’ordre du jour, c’est de se saisir des opportunités de mobilisations et des dates qui existent pour affronter le calendrier de « réformes » par ordonnances du gouvernement, pour poser la question de la riposte. Mais comme dans l’ensemble des bagarres de ces dernières semaines, au niveau de Vivarte, Tati ou Whirlpool, ce qui se pose c’est la question de l’isolement et la façon de briser la glace pour coordonner les luttes, à commencer par celle de GM&S, qui a arraché un sursis au gouvernement, jusqu’au 30 juin, mais qui ne règle aucun problème de fond. Plus encore, Philippe a pointé la question de la frilosité ou de la complicité des directions syndicales qui nous mènent dans le mur à travers la concertation, alors qu’il nous faudrait un plan de bataille. C’est donc bien la question des luttes qui se pose, et d’un horizon de société radicalement distinct, où nous serions capables de reprendre nos affaires en main, « comme en 1917 ». Et c’est la pierre d’achoppement qui existe avec la gauche réformiste, France Insoumise ou PCF, selon lesquels il suffirait de bien voter, mais qui restent dans le cadre du système pourri et dangereux que Philippe a dénoncé au cours de sa campagne. Faire du parti un instrument de regroupement et un outil pour le combat, voilà l’une des perspectives qui s’offre à nous et sur laquelle est revenu Philippe.

Dans le sillage de la campagne ouvrière et anticapitaliste du NPA aux présidentielles avec Philippe Poutou, les deux candidates du 93 Ouest ont souligné comment c’est par les luttes et par l’organisation que nous serons en mesure de préparer la riposte nécessaire, sur le plan social, économique et politique. Après des interventions de la salle, rappelant notamment la lutte des dyonisiens en solidarité avec les migrants de Porte de La Chapelle, c’est remonté-e-s et plus convaincu-e-s que jamais du combat à mener que les militant-e-s et les sympathisant-e-s sont repartis, après un verre de l’amitié, pour continuer à tracter et à coller avant la fermeture officielle de la campagne, vendredi à minuit.




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