Notre classe

Le candidat du NPA sur les 14 500 euros par jour du PDG de PSA

Philippe Poutou, sur le salaire de Tavarez : « En attendant, ça mérite bien une grève générale. »

Publié le 30 mars 2016

Le PDG de PSA a fait sensation avec son revenu annuel de 5,24 millions d’euros en 2015. Comme le disent les syndicalistes de PSA, cela fait 14500 euros par jour, samedi-dimanche et jours fériés compris ! Incroyable non ? Et son cas n’est pas une exception. Rien que pour parler des dirigeants de constructeurs automobiles, voici une petite liste sympas : en 2015, le revenu du PDG de Daimler a été de 9,7 millions d’euros, celui du PDG de Fiat 10 millions d’euros, celui de Renault 7,25 millions d’euros, enfin le plus gros, celui du PDG de Ford, là où je travaille, il s’appelle Mark Field et il a eu 18 millions de dollars soit 16 millions d’euros ! Soit un revenu de 50 000 euros par jour.

Étonnant, Gattaz n’a pas été choqué. Des économistes, des sénateurs, d’autres chroniqueurs télé encore pas non plus spécialement choqués, peut-être un peu gênés aux entournures. C’est vrai qu’habituellement, leurs critiques vont aux chômeurs qui touchent quelque 600 euros sans "travailler" rendez-vous compte.

On nous parle de mérite, de talent des PDG qui auraient redressé PSA. Quel talent ? Celui de licencier des milliers de salariés ? Celui d’imposer des conditions de travail dégradées à ceux qui restent ? Celui de surexploiter des salariés en Europe de l’est, en Afrique ? Et puis quel redressement ? Celui des profits ou des dividendes distribués aux actionnaires ? Parce que pour le reste, rien n’a été redressé ! A part le chômage et la précarité.

Les revenus de ces dirigeants sont scandaleux, honteux, révoltants. Ces millions d’euros sont volés aux salariés qui voient leurs salaires ou leurs indemnités chômage gelés et rognés. Ces millions d’euros sont aussi volés à la population parce qu’une partie provient d’un détournement des aides publiques, des exonérations de cotisations sociales. Il s’agit bien d’un vol, d’un accaparement des richesses sociales produites par les travailleurs.

Celles et ceux qui méritent ce sont tous ces ouvriers, ces ouvrières qui risquent leur santé, qui trinquent sous les pressions diverses, qui s’usent avec des conditions de travail dégradées.
Avec l’annonce de ces revenus indécents, provocants, on comprend à quoi sert la compétitivité dont on nous rabat les oreilles, elle sert à remplir les poches des actionnaires et des dirigeants.

La réponse ce doit être l’expropriation de ces grosses entreprises, ce doit être de mettre à l’ordre du jour l’appropriation des outils de production par les salariés, c’est la question du pouvoir économique qu’il faut enlever au patronat.
En attendant, ça mérite bien une grève générale, une révolte généralisée.

Philippe Poutou