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Pibrac (31). Un ouvrier meurt écrasé sous un escalier en béton

Publié le 27 mai 2016

Haute-Garonne, coincé sous un escalier en béton qu’une grue était en train de déposer. Un drame largement sous-médiatisé qui met en exergue, une fois de plus, le manque de sécurité sur les chantiers.

Kasia Razowski

Mercredi, un ouvrier âgé de 50 ans a trouvé la mort sur un chantier destiné à la construction d’un lycée à Pibrac, en Haute-Garonne ; selon France 3, il s’est retrouvé coincé sous un escalier en béton. L’accident a également fait un blessé et sept ouvriers ont assisté au drame. Depuis, deux enquêtes ont été lancées pour élucider les causes : une menée par la brigade de gendarmerie de Léguevin – village limitrophe – et l’autre par l’inspection du travail. Quant aux condoléances et aux « vœux de prompt rétablissement » du maire Bruno Costes, le journal 20min nous renseigne qu’elles sont trouvables sur Facebook. On ne se foule pas trop à la municipalité !

Petit zoom sur les désastreuses conditions de travail des ouvriers du Bâtiment et Travaux Publics (BTP)

D’après les dossiers de la Dares (Ministère du Travail), en 2007, les salariés de la construction subiraient deux fois plus d’accidents du travail que la moyenne nationale. Le dossier, publié sur le site Préventica, expose les conditions de travail des ouvriers du BTP dont certaines sont évidemment et largement partagées par d’autres secteurs d’activités. On y retrouve plusieurs facteurs de pénibilité, parmi eux les contraintes physiques bien souvent engendrées par le climat, la géographie ou l’environnement car « plus d’un ouvrier de la construction sur trois travaille à l’extérieur plus de 20 heures par semaine et se trouve donc exposé aux intempéries ». On ne peut pas non plus oublier les lourdes charges transportées tous les jours, accompagnées de gestes répétitifs effectués « plus de 10h par semaine » et que l’on retrouve également dans le quotidien des ouvriers du travail à la chaîne. Les salariés du BTP sont aussi victimes des effets sonores causés par les machines et sujets à l’accumulation de fatigue en restant debout durant des heures dans des postures pénibles.

S’y joignent les contraintes dues à leurs expositions aux produits chimiques : huit ouvriers du BTP sur dix y sont exposés (notamment au ciment) contre six ouvriers d’industrie sur dix. De plus, les travaux de construction les exposent aux produits cancérogènes présents dans la poussières, le gaz, la silice...

Malgré ces conditions de travail pénibles et la dangerosité des emplois dans le secteur du bâtiment, couplés au contraintes temporelles - le lycée en construction de Pibrac doit être opérationnel pour la rentrée 2017 -, les dispositifs de sécurité collective sont systématiquement jugés trop coûteux ! Alors que les accidents mortels sont légion à longueur de chantiers, ces estimations chiffrées apparaissent comme particulièrement nauséabondes... et sont révélatrices de la violence quotidienne du patronat envers les travailleurs.