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Pierre Gattaz sur le programme de Macron : « la direction donnée est la bonne »

A l’approche du jour décisif, de soutiens Emmanuel Macron n’en manquent pas. Après les prises de position en sa faveur de nombreux patrons (dont Bernard Arnaud), Pierre Gattaz, le président du MEDEF a carrément sorti sa plume. Il livre ses pensées au détour d’une tribune parue le 3 mai dans Le Figaro.

Crédits Photo : ERIC PIERMONT / AFP

Il est des soutiens qu’on ne préfère pas afficher. Surtout lorsque, dans la dernière ligne droite, il s’agit de se dépêtrer de l’image du candidat du grand patronat. Une image qui colle à la peau de Macron. Il en transpire de tous les pores. Cela lui vaut, d’ailleurs, une détestation telle de la part du monde ouvrier que les huées font désormais partie d’une forme de rituel. Une détestation quasi-auto entretenue qui s’alimente au fur et à mesure de ses déplacements. Au contact des ouvriers, le mépris de classe est systématique. La loi Macron et la loi Travail sont dans toutes les mémoires.

Pourtant, difficile pour l’ex-banquier de Rothschild, d’agir autrement. Il a baigné dans ce monde, celui des marchés financiers, où il s’agit, quelqu’en soit le prix, de performer. Brasser des millions, voir des milliards, une sorte de roulette russe. L’on gagne, l’on perd. On s’y réparti, en somme, les milliards résultants de l’exploitation des travailleurs du monde entier, des milliards qui sont, eux, libres de tout contrôle de capitaux. L’Europe forteresse, pour sa part, continue à tuer pendant que les capitaux circulent et se réalloue au gré des crises, au gré du « coût » du travail qui a cours nationalement.

Dès lors, une fois François Fillon, l’ultra-libéral, éliminé, il n’est pas étonnant d’entendre Pierre Gattaz reprendre finalement position, et ce dans une tribune. « En tant que chef d’entreprise, je n’ai aucun doute quant à mon choix pour dimanche prochain », a-t-il affirmé. « Je voterai Emmanuel Macron », concluait-il. Il confirme donc son choix déjà exprimé au nom de son syndicat patronal. Le 24 avril dernier, il engageait en effet son syndicat patronal, le MEDEF, « derrière le candidat Emmanuel Macron, en tous cas sur le plan économique et social. Il n’y a pas l’ombre d’une hésitation ».

« On ne réindustrialisera pas la France à coups de selfie », titre Le Figaro pour cette tribune. A deux jours de la présidentielle, Pierre Gattaz affirme cette fois-ci son soutien à Macron par le prisme du « Front Républicain ». En effet, faire barrage au FN est plus tactique qu’un appel franc et clair à voter pour Macron, surtout lorsque l’on est le président du MEDEF. La tribune, d’ailleurs, semble être adressée aux lecteurs du Figaro, aux fillonistes en balance, qui pourraient bien basculer du côté de Marine Le Pen. En rajouter donc, une énième couche pour garantir le meilleur score possible.

Mais pourtant le Front Républicain n’est plus ce qu’il était. Il s’est fissuré, il s’est même brisé. A la question, « A-t-on raison de dire qu’il n’y a pas eu de front républicain ? », Jérôme Sainte-Marie, président d’un institut de sondage, répond : « Oui, il n’y en a pas véritablement eu. Tout au plus a-t-on pu constater la poursuite et l’amplification des ralliements à Emmanuel Macron. Au lieu de la communion dans l’indignation de 2002, avec des foules immenses, nous constatons une forme de dépression collective. Les sondages montrent qu’une large majorité est insatisfaite »

Une « insatisfaction » qui s’exprime pour près d’un quart des votants par la volonté de s’abstenir lors du second tour de la présidentielle. Selon les derniers sondages, on se dirige ainsi vers un nouveau record de l’abstention sous la cinquième République. Le dernier record en date, c’était une année après les luttes de mai 1968. En 1969, l’abstention s’élevait à 31%. Une abstention politique et active qui semble en passe d’exprimer, ce dimanche, le refus du choix entre la peste et le choléra. Le refus de faire barrage au FN, en votant pour Macron, le candidat du patronat, le candidat de Gattaz.




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