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Politique

Plus de 2 000 personnes contre la loi Travail

Place de la République, Mélenchon cherche à se poser en premier opposant à Macron

A l’appel de la France Insoumise, plusieurs milliers de personnes se sont réunies mercredi contre la casse du code du travail mise en œuvre par Macron. Place de la République, à Paris, ils étaient environ 2000 pour écouter les différents intervenants notamment Jean-Luc Mélenchon.

Première journée de "la bataille populaire"

Place de la République, ce sont près 2000 personnes qui se sont rassemblées pour affirmer leur opposition aux attaques mises en œuvre par Macron contre le code du Travail. De nombreuses interventions ont ponctué le rassemblement avec notamment l’ensemble des députés du groupe France Insoumise, quelques députés du PCF et une délégation représentant le « comité de défense des libertés ouvrières et syndicales à PSA ».

« Bataille populaire ». C’est le nom qu’a donné Jean-Luc Mélenchon à son rassemblement, censé être la première pierre, selon le président du groupe parlementaire de LFI, d’une « mobilisation sociale » contre le gouvernement Macron. Celui qui avait appelé à voter pour lui pour « économiser des kilomètres de manifestation » marque au travers de ce rassemblement ce 12 juillet, son retour dans la rue, accompagné d’un certain nombre de députés.

« Nous combattons le capitalisme »

La présence de militants syndicaux combatifs, et l’intervention de Farid Borsali, secrétaire de la CGT PSA Poissy, était à l’image d’un rassemblement auxquels les députés de la France Insoumise ont tenté de donner un contenu plus radical, au moins dans la rhétorique, qu’à l’accoutumée. Dans la délégation de PSA était également présent Jean-Pierre Mercier, membre de la CGT et de Lutte Ouvrière, qui n’a cependant pas pris la parole.

Dénonciation du capitalisme, références aux mobilisations de 1936 et de Mai 68, « patrons délinquants » : Jean-Luc Mélenchon a appelé à « rétablir l’équilibre entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui vendent leur force de travail, ce que permet la loi ». Pas de révolution donc, mais un discours teinté de rouge. Et une référence implicite à l’interview sur RMC de Martinez, qui, interpellé par Bourdin, n’a pas assumé de dénoncer le capitalisme. Non seulement l’attentisme de la direction de la CGT mais aussi sa participation aux « concertations » avec Macron sont une aubaine pour Mélenchon qui affirme et se positionne comme le premier opposant à la politique de Macron, à l’Assemblée mais également dans la rue.

Un problème de pédagogie ?

Une mobilisation dans la rue que Mélenchon appelle de ses vœux mais qu’il n’a pas expliqué comment construire dans la pratique. Pour l’instant, le député de la France Insoumise s’est contenté de lancer une campagne de pédagogie sur le contenu du projet de loi travail. Dans son intervention, celui-ci est longuement revenu sur certains aspects de la loi, et notamment la suppression du principe de faveur, en appelant l’ensemble des personnes présentes à expliquer autour d’eux. Dans le même sens, celui-ci a lancé une opération « caravane » contre la loi travail version Macron durant les vacances pour sensibiliser sur cette question et des réunions à la rentrée avec les députés France Insoumise, renommés « tribuns du peuple » pour tenir au courant des avancées de la discussion parlementaire.

Si ce travail de pédagogie et d’explication des textes est nécessaire pour expliquer l’ampleur des attaques prévues par Macron, il ne suffirait pas à expliquer la faiblesse actuelle des éléments de mobilisation contre le gouvernement. Le cirque de la « concertation » et du « dialogue social », auxquels se prêtent le gouvernement et les directions syndicales, y compris de la CGT, joue un rôle clé pour endormir le monde du travail. A ce titre, on peut s’étonner que les différents intervenants présents aient tous fait l’impasse sur la responsabilité actuelle des directions syndicales et l’absence d’un plan de bataille concret.

Une absence cohérente avec la position tenue jusqu’ici par le leader de la France Insoumise qui se garde bien de vouloir interpeller les directions syndicales face à leur passivité. Il déclarait ainsi récemment sur RMC et BFMTV : "Nous prenons notre part. Les syndicats ont la leur, ils décideront ce qu’ils veulent". L’unique date de mobilisation, appelée le 12 septembre par la CGT, a juste été évoquée rapidement par Mélenchon qui a appelé à « aider les syndicats ». Dans le même temps, l’appel à cette première journée de la « bataille populaire », que Mélenchon déclarait vouloir unitaire, se fait deux jours avant le rassemblement du 14 juillet lors de la venue de Trump à Paris, contre les ordonnances Macron et la guerre, appelé par le Front Social. De ce collectif de militants combatifs, membres de différentes organisations syndicales et qui réunit plusieurs milliers de personnes régulièrement, il n’en aura pas été question ce 12 juillet place de la République. Pourtant, il constitue aujourd’hui l’un des principaux points d’appui pour faire monter la pression sur les directions syndicales et permettre la construction d’un plan de bataille, dans la rue, contre le gouvernement, en pratique cette fois-ci.




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