Société

Cheminots et usagers paient les pots cassés

« Plan de transport adapté » ? Moins de trains, au final, en PACA

Publié le 29 août 2016

Après avoir rouvert la ligne il y a un peu plus d’un an, la direction de la SNCF prend aujourd’hui la décision de supprimer des trains dans la région PACA. La raison invoquée : le manque de conducteurs. Ils auraient fait un mauvais calcul concernant les agents partis à la retraite…

Laura Varlet

Après avoir utilisé autour de 108 millions d’euros dans les travaux de réhabilitation pour la réouverture de la ligne au printemps de l’année dernière, la SNCF supprime à partir du lundi 29 août un certain nombre de TER dans la région du PACA. Ces trains vont être remplacés par des cars. Rien que sur la Côte d’Azur, deux allers-retours seront supprimés, trois sur la ligne Avignon-Carpentras, quatorze entre Marseille et Aubagne, huit entre Marseille et Miramas, ou encore vingt-deux entre Marseille-Aix et Pertuis, selon plusieurs sources. En tout, ce seront plus de 50 trains qui seront tout simplement supprimés, ce qui aura des conséquences pour énormément de travailleurs et d’usagers qui avaient l’habitude de prendre ces trains.

La direction de la SNCF n’a pas honte lorsqu’elle affirme que ces suppressions seraient dues à des calculs « bien intentionnés » mais erronés concernant le départ à la retraite des conducteurs. Comme si le plan de libéralisation du rail sur le territoire français, et toute la politique de désinvestissement de la part de la direction, n’étaient pas connus des cheminots et cheminotes qui se battent depuis plusieurs années contre les réformes des gouvernements successifs et de la direction.

Les dirigeants de la SNCF essaient de faire croire aux cheminots et aux usagers qu’elle poursuit ce qu’elle appelle un « plan de transport adapté », avec la mise en place de bus de remplacement. Il est pourtant assez évident qu’il s’agit d’une politique consciente de casse des conditions de travail, de suppressions de postes et de libéralisation du rail avec l’ouverture à la concurrence.

Tel est donc le projet de Guillaume Pépy, qui ne s’en est d’ailleurs pas caché lors de ses déclarations à la presse courant août. Ainsi a-t-il confirmé « l’arrivée du train autonome avec conducteur d’ici 2022-2024 », autrement dit la suppression de tout agent d’accompagnement à bord des trains. Puis a présenté l’année 2017 comme « une année de rupture », sûrement en ayant en tête la réforme qu’il vient de faire adopter, malgré une lutte courageuse et acharnée de nombreux cheminots et cheminotes, ainsi qu’une soi-disant « évolution des métiers en fonctions des besoins des clients ». Ou quand la logique de l’ouverture à la concurrence fait passer en premier les profits économiques et laisse de côté la sécurité des usagers, en même temps que cela détruit les conditions de travail des cheminots.

Cependant la bataille n’est pas finie, et les cheminots continuent à lutter contre cette politique libérale et néfaste. De nouvelles luttes sont sûrement à venir, dans un contexte où la jeunesse et les travailleurs n’ont peut-être pas dit leur dernier mot vis-à-vis de la loi Travail. Les cheminots ont tout intérêt à lutter ensemble avec tous ceux qui veulent contrer les politiques du gouvernement et du patronat, car ils se battent non seulement pour leurs conditions de travail, mais aussi pour la sécurité de tous les travailleurs qui ont besoin de prendre le train chaque jour, et qui sont, en définitive, ceux qui paient toujours les pots cassés lorsque le désinvestissement de la direction de la SNCF finit par provoquer des catastrophes ferroviaires comme celle de Brétigny.

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Mots-clés SNCF