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Jeunesse

Édito

« Plan étudiant ». Selon la presse, bientôt le clap de fin ? Rien n’est moins sûr

La mobilisation de ce 6 février, qualifiée de « faible » ou « sans grand élan » selon la presse bourgeoise, marque-t-elle le début du reflux de la mobilisation ? Rien n'est moins sur et bien des éléments laissent la porte ouverte à une massification du mouvement.

Difficile, à l’heure ou nous écrivons ces lignes, de savoir très exactement combien de manifestants, profs, personnels, étudiants et lycéens, ont battus le pavé ce 6 février. Dans les différents journaux de la presse dominante, le chiffre de 30 000 est annoncé, ce qui marquerait un progrès par rapport à la journée du 1er février – qui, selon ces mêmes journaux, aurait réuni 20 000 manifestants. Bien sur, ces chiffres sont ceux avancés par la police.

Une donnée qui démontre objectivement que la mobilisation est en hausse, mais qui s’accompagne d’interprétations étonnantes de la part des « spécialistes » de l’actualité. « Faible » selon Le Monde, « timide » selon Le Figaro ou encore « sans grand élan » selon Libération, la lecture de la presse semble indiquer que la mobilisation est bien mal embarquée. Pourtant, plusieurs éléments laissent à penser que le scénario d’une massification, pour une première bataille d’ampleur contre Macron, est tout à fait envisageable.

Cette journée du 6 février est d’abord celle d’une confirmation. A nouveau bloquée, avec à nouveau près de 1 000 personnes en assemblée générale et surtout toujours marquée par la convergence entre personnels et étudiants, l’Université du Mirail à Toulouse apparaît aujourd’hui clairement comme un exemple à suivre. Mobilisée sur la très spécifique et locale fusion des universités toulousaines depuis maintenant plus d’un mois, la mobilisation au Mirail témoigne d’un enracinement de la colère et d’une mobilisation aux bases solides. Avec un mouvement auto-organisé, aussi bien chez les étudiants que chez les personnels, et une détermination palpable à poursuivre la mobilisation jusqu’à la victoire, le Mirail ouvre la voie aux autres universités et aux autres secteurs, et apparaît comme un point d’appui pour l’élargissement et la massification de la grève à échelle nationale.

Autre donnée qualitative importante, il y a eu, ce 6 février, deux fois plus de manifestations que le 1er (70 contre 35) selon la page Facebook Luttes Invisibles. Une dynamique qui témoigne d’une mobilisation qui est non seulement en hausse, mais qui rappelle que le mouvement n’en est encore qu’à ses balbutiements. Les assemblées générales se multiplient à l’instar des grèves étudiantes, de personnels et de professeurs.

Bien sur, il serait bien aventureux d’affirmer qu’un mouvement de masse, à la fac, dans les lycées mais aussi dans les collèges, les écoles primaires et maternelles, est en train naître. Mais force est de constater que les conclusions hâtives de la presse dominante masque mal la dynamique de fond, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, qui secoue le secteur de l’éducation et au-delà. En effet, les multiples mobilisations en cours, notamment dans le secteur de la santé, offrent des possibilités d’une convergence entre différents secteurs en lutte. Un véritable cauchemar pour les classes dominantes, et en premier lieu pour Macron qui tente – jusqu’ici avec succès – de fragmenter au maximum les résistances.

Massifier le mouvement et tisser des liens de convergence, tant dans la rue que dans l’organisation de la mobilisation, telle sont les tâches indispensables dans les jours et les semaines à venir, afin d’imposer un rapport de force qui pourrait mettre à mal le gouvernement et ses plans !

Crédits photo : Rapportdeforce




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