^

Politique

Quand la surpopulation carcérale légitime le tout répressif

Plan pénitentiaire : 15000 places seront construites d’ici 2027

Avec le prétexte de « réduire » la surpopulation carcérale, jeudi dernier, la Garde des Sceaux ministre de la justice Nicole Belloubet, lors de sa visite à la nouvelle prison d’Aix-en-Provence a dévoilé son projet pour augmenter le nombre de places disponibles dans les prisons comme prévu dans son plan pénitentiaire annoncé la semaine dernière.

La livraison des 15.000 places supplémentaires devrait se faire en deux fois : 7000 places seront construites d’ici 2022 et les 8000 autres en 2027. Le plan vise à réduire la surpopulation carcérale qui atteint un record de surpopulation au 1er septembre de 70.164 pour moins de 60.000 places. 2500 places seront créees dans des maisons d’arrêt « classiques » mais avec un « haut niveau de sécurité », la Garde des Sceaux s’est engagée aussi à construire 2.000 places d’ici à 2020 dans des structures d’accompagnement vers la sortie (SAS).

Selon la ministre : « Il faut leur donner de l’autonomie, les préparer à la sortie. Ça suppose des structures qui ne sont évidemment pas des structures très sécurisées, les SAS (…), ce sont des immeubles qui s’insèrent parfaitement dans une architecture urbaine et dont on ne voit pas la différence avec d’autres immeubles – bien sûr, la sécurité est assurée à l’intérieur ». Pour madame Belloubet l’essentiel et primordial c’est d’assurer la discrétion !

Un plan pénitentiaire, mais pour quoi faire ?

Mercredi 10 octobre la Garde des Sceaux a annoncé son plan pénitentiaire, visant à trouver des solutions alternatives pour les peines les plus courtes, comme la suppression de peines de moins d’un mois, remplacés par la détention électronique ou des travaux d’intérêt général. 1,7 milliards d’euros seront déboursés pour la construction des nouveaux centres d’emprisonnement.

D’autres recours pointent à « flexibiliser » le monde carcéral. Les entrées et sorties des prisons pourront être décalées de quelques jours si nécessaire, mais aussi diversifier le parc des prisons avec des unités comme le SAS pour les délits mineurs ou des établissements « étanches » pour les détenus « terroristes » ou « radicalisés ». « Nous devons diversifier notre parc pour mieux adapter les régimes de détention » déclarait la ministre.
Des places supplémentaires devraient êtres créees pour l’embauche des nouveaux effectif avec le recrutement de 1100 surveillants et les équipes de sécurité pénitentiaire pourront être armées lors de déplacements médicaux. Pour finir les grandes lignes de ce plan, le travail en prison sera accru, seulement 30 % des détenues sont occupés, l’objectif serait d’augment considérablement ce pourcentage.

Un plan pénitentiaire qui n’est qu’une mascarade, car derrière les larmes de crocodile sur le sort des prisonniers se cachent des juteux contrats pour les entreprises de BTP et de rénovation. Le président des riches accomplit ses promesses. Et l’autoritarisme grandissant du gouvernement ne se reflète pas seulement dans les sorties abruptes de Macron, mais dans la brutalité du pouvoir judiciaire et sa police qui imposent des peines pour des « crimes » dérisoires, qui répriment les manifestations et qui tabassent les jeunes de banlieue. Pendant que les amis du président se permettent de tabasser des manifestants sous couverture d’un uniforme policier, cette justice de classe punit ceux d’en bas. Maintenant tout en prenant soin de leurs conditions d’emprisonnement.




Mots-clés

#JusticeDeClasse   /    Répression   /    Politique