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Politique

Un plan social d'ampleur

Plus de 1 500 postes supprimés à l’Agence chargée de la formation professionnelle des adultes

L’Agence chargée de la formation professionnelle des adultes a présenté jeudi dernier son plan de « rentabilisation » : au programme, la suppression de plus de 1 500 postes et la fermeture de presque 40 sites.

Le plan de la direction a été déposé jeudi dernier et débute en posant le constant suivant : depuis presque dix ans, L’AFPA n’est plus « rentable » et se trouve face à d’importantes difficultés financières. La solution de la direction pour remédier à ce problème ? La suppression de 1541 emplois et la fermeture de 38 sites. Un plan social qui se fera en plusieurs étapes, puisque 600 emplois seront d’abord supprimés par des non remplacements de départs à la retraite, avant d’effectivement mettre à la porte 941 employés de l’agence. Si la liste exacte des sites menacés de fermeture n’est pas encore connue, il est fort à parier que les centres les plus excentrés, souvent les moins rentables, seront les plus touchés par cette directive.

La direction, consciente de la réaction que pourrait susciter une telle nouvelle, s’est empressée d’assurer que les sites fermés seraient remplacés… par un service numérique. Exit le contact humain et la discussion auprès des conseillers au profit du tout informatique et des procédures automatisées. Sont par conséquent immédiatement exclues du système toutes les personnes pour qui il serait impossible de se procurer un ordinateur ou un accès à internet : les plus précaires.

La décision de déposer ce plan maintenant n’a rien d’une coïncidence : il y a seulement deux mois, la réforme de la formation professionnelle était adoptée au Parlement, l’un des projets de campagne d’Emmanuel Macron dans la voie d’une libéralisation accrue du marché du travail.
Et précisément, la libéralisation n’est pas innocente par rapport aux difficultés financières de l’AFPA : si cette dernière souffre depuis environ dix ans de difficultés financières, c’est en partie parce que le marché de la formation a été ouvert a la concurrence en 2009.

Face à la transformation des services de formation en machines à profits, salariés et chômeurs ont tout intérêt à s’unir : d’un coté du bureau comme de l’autre, tous deux risquent de voir la situation s’aggraver sensiblement si rien n’est fait pour mettre un point d’arrêt à la casse des services publics et au chômage de masse.

Photo : MAXPPP




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