Société

Les indicateurs ne sont pas au rouge pour tout le monde

Plus de chômeurs, un taux de pauvreté qui augmente. Le salaire des patrons aussi

Publié le 17 novembre 2016

Hollande en avait fait sa dernière pseudo promesse, et les chiffres tombent bien mal à moins de quatre semaines de l’annonce de sa possible candidature aux présidentielles : malgré les maquillages du mois d’octobre par le gouvernement, le chômage est reparti à la hausse. Parallèlement, le nombre de pauvres dans l’Hexagone n’a jamais été aussi important. Mais les mauvaises nouvelles, ce n’est pas pour tout le monde. Au cours de l’année écoulée, on note également une autre augmentation conséquente : celle des salaires des grands patrons.

Paul Tanguy

Bien que le taux de chômage reste en baisse de 0,4 point par rapport au 3e trimestre 2015, il est reparti à la hausse. L’Insee comptabilise 2,805 millions de chômeurs en métropole, soit 31.000 de plus sur le trimestre (+1,1%). Ce sont les jeunes, que François Hollande avait pourtant érigés en « priorité » de son quinquennat qui sont les principales victimes de cette hausse. Le taux des 15-24 ans grimpe à 25,1% (+1,2 point) et se rapproche de son triste record enregistré fin 2012 (25,4%). C’est donc près d’un jeune sur quatre qui est condamné au chômage, sans compter celles et ceux à qui on ne propose que du CDD imposé, ou des missions en intérim et qui sont acceptées, faute de mieux.

Et c’est bien là où le bât blesse, comme le souligne le rapport annuel publié par le Secours Catholique hier, car le fait d’avoir un travail protège de moins en moins de la pauvreté. Caritas-France note que « la pauvreté ne faiblit pas », loin de là. En réalité, elle augmente. Avec un seuil de pauvreté juste au-dessus de 1000 euros, elle touche près de neuf millions de personnes en France, dont trois millions d’enfants. Parmi les personnes adultes touchées, une bonne partie sont des travailleurs pauvres dont le salaire ne suffit pas à subvenir aux besoins.

Mais qu’on se rassure, les augmentations sont équitablement partagées. Ou presque. L’an passé, selon les chiffres récemment publiés, la rémunération des patrons du CAC 40 a connu une rallonge de 18%. Ces messieurs gagnent donc en moyenne 4,96 millions d’euros par an. Certains ont même allégrement dépassé le plafond des rémunérations « socialement acceptables » fixées par l’agence du Medef chargée de « l’éthique salariale » du patronat à 240 SMIC. Juste devant Carlos Tavares, patron de PSA, on trouve ainsi Carlos Ghosn, patron de Renault-Nissan, qui a ainsi touché 15,6 millions d’euros en 2015. Suffisamment, donc, pour ne pas avoir à recourir aux services des Restos du Cœur, du Secours Populaire ou du Secours Catholique.