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Notre classe

« Et en même temps », dans la fonction publique…

Point d’indice, CSG, jour de carence. Macron veut aussi la peau des fonctionnaires !

Si la Loi Travail 2 et leurs ordonnances s’attaquent comme jamais aux conditions de travail des salariés du secteur privé, ceux du secteur public ne sont pas davantage épargnés du train de mesures du gouvernement. A coups d’augmentation de la CSG et de retour au gel du point d’indice, leurs rémunérations et leur pouvoir d’achat devraient se dégrader, tandis que le gouvernement prévoit la suppression de 120 000 emplois dans la fonction publique d’ici la fin du quinquennat.

« Et en même temps »… A la fameuse formule du président « jupitérien », il faut croire que les ministres d’Emmanuel Macron rendent un bel hommage. Alors que la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, et le Premier ministre, Edouard Philippe, planchaient sur la meilleure manière de casser le droit du travail des salariés du privés avec l’aval de certaines confédérations syndicales, le ministre des Comptes publics, Gérard Darmanin déclinait les attaques sur le front de la fonction publique.

Restauration de la journée de carence

Dès le 29 juin, sur le plateau de France 2, il annonçait qu’il n’y aurait « pas d’augmentation de point d’indice pour les agents de la fonction publique ». Et début juillet, le gouvernement officialisait le rétablissement du jour de carence qui invalide l’indemnisation par l’Assurance Maladie du premier jour d’arrêt maladie. Haro sur la fonction publique donc, qui n’est qu’un retour sur les maigres compensations obtenues lors du mandat précédent, sous Hollande.

Nouveau gel du point d’indice

C’est le cas du jour de carence, instauré en 2012 par François Fillon, à la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, dont la suppression avait été promise et actée lors de l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République. Concernant le point d’indice qui permet de faire évoluer les rémunérations du public et de compenser la dégradation du pouvoir d’achat liée à l’inflation, il a été gelé, sans discontinuité, entre 2010 et 2016, sous Sarkozy, donc, mais également sous une bonne partie du quinquennat de Hollande. Sa revalorisation –minime- de 1.2% en mars 2016 tient d’une concession de Hollande faite à la FSU, confédération majoritaire dans la Fonction Publique et qui regroupe notamment le SNUipp et le SNES, en échange du retrait de son appel à la grève alors que le mouvement contre la loi El Khomri, animé par la jeunesse et les salariés du privé comme du public, battait son plein. Retour à la « normale » en Macronie, et exit les promesses de campagne sur l’augmentation du pouvoir d’achat des actifs.

Augmentation de la CSG

Mais, pour maintenir l’austérité salariale dans le public, Emmanuel Macron a su également innover. A compter du 1er janvier 2018, les salariés de la fonction publique comme ceux du privé devront s’acquitter d’une hausse de la Contribution Sociale Généralisée (CSG) de 1.7%. Dans le privé, cette hausse de la CSG est supposée être compensée par une baisse, équivalente, des cotisations maladie et chômage, qui au passage, conduira à dégrader encore davantage le financement de la sécurité sociale. Déjà, pour les actifs du privé, cette compensation sera diluée en deux temps au cours de l’année 2018. Pour les fonctionnaires, en revanche, qui ne sont pas prélevés de la même façon, rien pour l’instant sinon le flou et la poudre de perlimpinpin. Mais la CSG, elle, augmente bien.

Autant dire que les rémunérations dans la fonction publique vont connaître un coup de rabot, et que le pouvoir d’achat, déjà fortement entamé par six années consécutives de gel du point d’indice, continuera à se dégrader.

Les effectifs à réduire

Et Emmanuel Macron, en bon chef d’un gouvernement « de droite et de droite », a d’ores et déjà prévu un coup de bulldozer dans les effectifs de la fonction publique. Ce sont donc près de 120 000 postes que le gouvernement prévoit de supprimer d’ici la fin du mandat en axant, en particulier, sur la fonction publique territoriale (70 000) et la fonction publique d’Etat (50 000).

Se saisir du 12, y compris dans la fonction publique

Rognages massifs sur les salaires « et en même temps » sur les effectifs dans la fonction publique. Maître du tempo, Macron ?

Aux travailleuses et aux travailleurs du public de lui rétorquer le contraire en manifestant à côté des salariés du privé opposés à la loi Travail 2, comme à la précédente, le 12 septembre, lors d’une journée de grève appelée par la CGT, Solidaires et certaines fédérations de Force Ouvrière.

Du côté de l’Education Nationale, où la rentrée est souvent catastrophique, comme en Seine-Saint-Denis, la direction de la FSU continue à traîner des pieds sans aucun appel à rejoindre les cortèges le 12, des sections du SNES et du SNUipp seront en grève et présents dans la rue pour tirer la sonnette d’alarme et refuser l’austérité salariale. Dans le supérieur, en revanche, contre l’avis de la FSU, le SNESup appelle à la grève.

C’est tou-te-s ensemble que nous devrons exiger de nos organisations qu’elles se lancent dans la bataille ainsi que d’une nouvelle date pour combattre la présentation des ordonnances le 22 septembre. dans la fonction publique également, ce qui se joue dans le passage en force de cette Loi Travail XXL est décisif.

[Crédit illustration : Hubert Poirot-Bourdain]




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