Société

Une femme de 74 ans violentée et gardée à vue pendant 17h

Poitiers (86). Qui nous protège de la police ?!

Publié le 15 février 2016

Manon Labaye, Militante du NPA, Conseillère municipale à Poitiers
Alexandre Raguet, Militant du NPA.

Scène incroyablement révoltante ! Une femme de 74 ans, attrapée, bloquée au sol par des policiers, puis embarquée au commissariat pendant plusieurs heures.

Cela alors qu’elle manifestait, avec d’autres, son mécontentement contre le choix de la municipalité d’abattre 98 arbres sains dans leur quartier. Plus précisément, car prise par l’émotion de voir les arbres tomber sous ses yeux et face au refus de la mairie d’entendre les arguments des habitants, elle a poussé une barrière qui tenait les habitants éloignés de l’abattage en cours... Une violence policière de plus ! Il faut voir la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux (en cliquant sur les mots "la vidéo" ou ICI).

Cette interpellation est choquante et inadmissible. Nous pouvons voir dans la vidéo que la femme crie à plusieurs reprise aux policiers « vous m’étouffez ! ». Une dame âgée de 74 ans peut être plus fragile que la moyenne de la population et sous le choque pourrait très bien avoir des problèmes de santé grave. Des drames sont déjà arrivés. La police n’a pas forcément besoin d’arme pour tuer, il ne faut pas l’oublier !

La mairie de Poitiers complice.

Cette violence policière fût précédée d’un autre type de violence : une violence politique. Celle de supprimer des dizaines d’arbres, âgés de plusieurs décennies, dans un quartier de Poitiers, à Beaulieu. Sans concertation, sans prise en compte de ce que cet acte peut symboliser pour des hommes et des femmes qui chaque jours passent devant, vivent en harmonie avec eux. Les arbres d’un quartier font parties de la vie et du quartier. Mais ce genre de préoccupations n’intéressent guère la municipalité de notre ville qui se moque royalement de l’avis de sa population. Comme ce fût le cas des 178 frênes abattus et des haies arrachées il y a quelques mois dans le quartier des Couronneries.

Dans ce registre, l’élue de la ville responsable aux espaces verts, Madame Pintureau, ne manque pas d’air en rappelant que tous les habitant-es du quartiers ne sont pas dans la rue pour dénoncer son choix anti-écologique. La majorité silencieuse, pas forcément au courant de ce qu’il se passe, est donc du côté de la municipalité par essence... Drôle de conception de la vie démocratique !

Pourtant, une mobilisation a bien lieu. Une mobilisation d’habitants et d’habitantes de ce quartier populaire, par une pétition puis l’interpellation de la mairie et en dernier recours une manifestation. Ces habitant-es, oublié-es par la municipalité en ce qui concerne l’élaboration des choix politiques, ne l’ont pas été en ce qui concerne la répression... La municipalité de Poitiers doit désormais prendre ses responsabilités face à ces dérives sécuritaires renforcées par l’état d’urgence, rappelons-le, voté par le député-maire Alain Claeys.

Un cas isolé ?

La police a fait preuve, comme à son habitude, d’une violence inacceptable. Nous devons tous nous indigner contre la violence qui s’est exprimée à l’encontre de cette manifestante pour appliquer les décisions de la municipalité. Mais il faut tout autant s’indigner contre la violence exercée au quotidien contre les jeunes dans les quartiers populaires, contre les sans-papiers, contre les personnes de couleur. Mais également face aux violences dont sont victimes les mouvements sociaux que le gouvernement voudrait faire taire. Les exemples ne manquent pas : Notre-Dame-Des-Landes, les manifestations pour le climat, le soutien aux Kurdes, les salariés de Goodyear etc...

Un monde à changer

Contre la banalisation de la violence et de la répression au service des 1% contre les 99 autres, nous devons faire entendre nos voix pour plus de libertés, plus de démocratie, plus de solidarités. Nous ne voulons pas de policiers à tous les coins de rues, et de politiques austéritaires basées sur la concurrence et les inégalités. Nous refusons la logique du marché et le productivisme le plus anti-écologique, comme ligne idéologique. Il est plus que temps de prendre nos affaires en main, de nous organiser, de mettre un terme à ce cycle sordide du sécuritaire comme seule boussole.

Voir le communiqué du groupe Osons Poitiers : http://www.npa86.org/spip.php?artic...