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Pompili, Le Drian : malgré la volonté du président, la droite du PS part chez Macron

Après l’annonce de Valls de ne pas parrainer Hamon, trois ministres ont annoncé soutenir Macron pour les présidentielles, affaiblissant encore plus le Parti Socialiste dans un contexte où Hamon pointe cinquième dans certains sondages…

Trois ministres et un conseiller de l’Elysée rallient Macron

Cette semaine aura donc été la semaine du désaveu pour François Hollande, qui aurait préféré attendre le premier tour et l’éviction d’Hamon pour que ses ministres soutiennent Macron. Un souhait que le président n’est plus en mesure d’imposer tant l’homme semble faible, isolé à l’Elysée. C’est donc trois ministres de son gouvernement, dont un de son parti, qui ont annoncé soutenir leur ex-camarade ministre, Emmanuel Macron, qui dispute la tête des sondages à Marine Le Pen. La première, Barbara Pompili, secrétaire d’Etat à la biodiversité, a annoncé mardi, à la suite du débat entre les cinq favoris, son ralliement à Emmanuel Macron. Critiquée, la membre du parti écologiste était cependant moins liée à la candidature d’Hamon que Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense qui lui, partie du PS. Son ralliement, annoncé jeudi par une interview à Ouest, France est un tremblement de terre pour Hamon qui voit le numéro 6 du gouvernement quitter le bateau socialiste avec perte et fracas. Le troisième membre du gouvernement qui a rejoint Macron, c’est Thierry Braillard, le secrétaire d’Etat chargé des Sports qui appartient au Parti Radical de Gauche. Ainsi, avec ces trois départs, les trois partis qui composent le gouvernement (PS-PRG-UDE) ont vu certains de leurs membres aller soutenir Macron. Signe d’une proximité qui ne trompe pas, la dernière tête couronnée à être allée soutenir le leader d’En Marche ! est Bernard Poignant, un des plus proches collaborateurs du président, qui dit ne pas vouloir soutenir un frondeur qui voulait renverser le gouvernement.

La « trahison » de Jean-Yves le Drian, un coup dur pour Hamon

Si les défections de Thierry Braillard ou de Barbara Pompili ont peu d’importance, celle de Le Drian est tout autre : il fait partie de cette garde rapprochée du président, fidèle parmi les fidèle, avec Stéphane le Foll ou encore Najat Vallaud-Belkacem. Ministre de la défense, il a réussi à acquérir une stature de « chef de guerre » assez facilement, à travers les cinq guerres qu’il a menées en cinq ans. Mais Jean-Yves le Drian est tellement indispensable à Hollande que celui-ci n’a pas pu l’empêcher de prendre sa liberté : alors qu’il avait annoncé qu’aucun ministre ne présiderait de région en cumulant les mandats, il impose au président de cumuler deux postes. C’est donc aujourd’hui un poids lourd qui vient renforcer l’équipe de Macron qui l’attendait depuis longtemps ; c’est de surcroit un atout politique au sens où le leader d’En Marche ! manquait cruellement de soutien capable de lui assurer une stature d’homme d’état : Le Drian lui apporte cette caution régalienne.

De surcroit, le président comme le premier ministre, aurait souhaité que le gouvernement ne prenne pas position dans la lutte entre les deux candidats qui se veulent de la « gauche progressiste ». Une volonté qui aujourd’hui n’a que peu d’influence sur les décisions des ministres, qui font visiblement peu de cas des volontés d’un président sans pouvoir. Face à cette incapacité de maintenir l’unité du parti, Benoît Hamon a expliqué sur Europe 1 « qu’il ne s’attendait pas à autant de trahisons ». Une déclaration pleine d’amertume après l’attaque de Valls contre sa candidature, qu’il a refusé de parrainer.

Hollande au cœur des recompositions à gauche de l’après présidentielle

Les ralliements de nombreux proches de François Hollande ne peuvent cacher où va la préférence de ce dernier, c’est à dire vers son ancien ministre et conseiller personnel, Emmanuel Macron. Mais au-delà des « préférences personnelles », François Hollande ne compte pas être inactif dans les recompositions du centre et de la gauche dans les mois à venir. Dans une interview au quotidien L’Opinion, Jean Pierre Mignard, un des conseillers les plus proches du président a expliqué que ce dernier voyait dans Emmanuel Macron une porte de sortie de la crise politique actuelle, pour reconstruire « un grand parti démocrate et progressiste ». Il continue en expliquant que « dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important ». Le soutien de Jean Yves le Drian est évidemment à comprendre dans ce même sens : une aile hollandiste du PS qui cherche à enterrer le parti pour reconstruire autour de Macron, et ce, quels que soit les victimes collatérales du parti.




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