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Jeunesse

Pour 3 tags. 36 heures de garde à vue et une plainte sans preuve contre 6 lycéens

Suite à une garde à vue longue et violente la semaine dernière, des lycéens d’Ivry sont accusés de dégradation suite à des tags sur un lycée, qu’ils nient avoir faits. Depuis, le lycée est quotidiennement bloqué : parents, enseignants et étudiants demandent le retrait de la plainte.

C’est au lycée Romain-Rolland, à Ivry-sur-Seine que les évènements se déroulent en début de semaine dernière, plusieurs graffitis sont faits sur l’établissement : « Macron démission », « Stop Parcoursup » et « On veut des profs ». Dans la nuit de lundi à mardi ce sont 6 lycéens qui sont interpellés, soupçonnés d’avoir commis ces dégradations.
Première violence lors de l’interpellation, durant laquelle un des lycéens raconte avoir reçu un coup de pied dans les testicules de la part d’un membre de la BAC (brigade anti-criminalité) ! Après 2 heures au commissariat, menottés sur un banc, les jeunes sont placés en cellule.

Une garde à vue record pour des tags

Ce sont alors de longues heures de gardes à vue qui commencent pour les 6 jeunes. L’un d’eux relate plus précisément celle-ci pour StreetPress. Un second acte de violence policière est commis lors d’une visite en cellule : un coup de tête à un autre lycéen. Mais également un vol d’argent lors de la fouille en arrivant au commissariat, qui suite au signalement d’un jeune a été replacé. Les conditions de détention étaient comme souvent désastreuses. Détentions de 24h qui ont été prolongées finalement sans raison, les autorités ont avancé vouloir confronter les interpellés à un témoin qui ne s’est jamais présenté au commissariat, ce sont donc 36h de garde à vue sans preuves qu’ont subi les six lycéens.
De plus, plusieurs personnes voient en cette affaire une répression politique. Car comme souligne un lycéen de l’établissement « des tags il y en a tout le temps sur le lycée, mais là ça concerne Macron, ça passe pas, il faut des responsables ». Une accusation qui est démenti par le parquet de Créteil en charge de l’affaire ainsi que par les policiers qui maintiennent que : « Ce panneau d’affichage a été tagué des dizaines de fois et même cassé, il n’y a jamais eu de garde à vue, là, le tag est politique, donc ça ne passe pas » …

Réponse collective des enseignants, parents d’élèves et lycéens

Dès la sortie du commissariat un comité d’accueil et de solidarité était présent et le lendemain, une partie des enseignants du lycée Romain-Rolland était en grève, les lycéens de leur côté ont bloqué l’établissement, en soutien à leurs camarades interpellés sans raison et dans des conditions scandaleuses.
Que ce soit la grève des enseignants ou le blocage du lycée, les deux modalités de protestation se poursuivent aujourd’hui, ils avaient annoncé ne pas vouloir arrêter tant que la plainte de la chef d’établissement ne serait pas retirée. Le retrait de la plainte est devenu une revendication supplémentaire, c’est un pas intéressant dans la lutte contre la répression que subissent les lycéens et les gilets jaunes actuellement ! Ce jeudi 13 décembre, la plainte étant maintenue suite à une déclaration de la chef d’établissement, le mouvement se poursuit donc !

Crédit photo : LP/M. Fr




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