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Politique

Déshumanisation et racisme décomplexé

Pour Collomb, les migrants font du « Benchmarking » et Ménard applaudit

D'après Gérard Collomb, les migrants et réfugiés qui fuient la guerre et la pauvreté font du.. « benchmarking ». C'est à dire qu'ils étudient et comparent, à la manière d'une étude de marché, les législations des pays européens afin de choisir la plus avantageuse. Réagissant à ces propos, Olivier Besancenot a rappelé que « Les diarrhées verbales sortent souvent du Colomb »...

Crédit photo : Jeff Pachoud / AFP

Alors qu’il défendait l’allongement du délai de rétention administrative des déboutés du droit d’asile devant le Sénat, le ministre de l’intérieur a tenu des propos pour le moins polémiques au sujet des réfugiés :
« Les migrants aussi font un peu de “benchmarking” pour regarder les législations à travers l’Europe qui sont, on va dire, les plus fragiles, et vous voyez par exemple que telle nationalité, que là encore je ne citerai pas, elle se dirige plutôt sur tel pays non pas parce qu’elle est plus francophile, mais parce qu’elle juge que là, c’est plus facile ». Une déclaration nauséabonde, teintée de déshumanisation et de racisme totalement décomplexé, soutenu par le délégué général de LREM, Christophe Castaner lui même...

Une novlangue reflet d’une politique agressive à l’égard des migrants

Si avec le gouvernement LREM le langage marketing et le jargon start-up nation sont intégrés à toutes les sauces, associer le terme de Benchmarking aux migrants qui fuient leurs pays et la réalité sociale qu’ils subissent là-bas, qu’elle soit marquée par la guerre mais aussi la pauvreté, le chômage, témoigne du racisme et du mépris total que Gérard Collomb et le gouvernement ont à l’égard des migrants.

En marketing, le Benchmarking représente une étude comparative d’un même produit avec les concurrents du marché. En d’autres termes, réfugiés et demandeurs d’asile font leurs courses sur le « marché européen de l’immigration ». Ces propos polémiques enrubannés d’un langage évoquant le monde de l’entreprise, montrent à quel point le gouvernement Macron est déconnecté de la réalité.

On ne cesse ainsi de rappeler que réfugiés et migrants fuient pour la plupart des conditions de vie désastreuses engendrées par la misère, la guerre ou la dictature, et espèrent ainsi trouver une meilleure vie sur le sol européen, au péril malheureusement trop souvent de leur vie... Réduits à des chiffres et des pourcentages, ces derniers se retrouvent dès lors déshumanisés par un gouvernement français et sa politique xénophobe et meurtrière à l’égard des migrants.

Ainsi, le terme « benchmarking » appliqué ici aux migrants reflète le traitement du gouvernement à l’égard des migrations : à savoir une rationalisation, avec des quotas, de ce qu’ils érigent comme le « problème » de l’immigration. En réalité, c’est bel et bien le gouvernement lui-même qui voudrait mettre en place un « shopping de l’immigration », au travers notamment de la nouvelle loi « Asile et immigration » défendu ce mercredi même par Gérard Collomb.

A travers cette loi, la politique macronienne, souvent épinglée pour son caractère antisocial et son inhumanité, prendrait un tournant encore plus encore dur avec la réduction du délai de traitement des demandeurs d’asile et une expulsion systématiquement des déboutés à la frontière. Des mesures qui facilitent l’expulsion, au détriment des droits humains.

Des propos immondes qui choquent autant qu’ils séduisent

Reprenant l’analogie de la ministre Nathalie Loiseau qui dénonçait au mois de mai un « Shopping de l’asile », Gérard Colomb parvient à trouver un soutien dans son camp tout en séduisant la droite. Ainsi, Christophe Castaner s’est empressé de défendre ces propos en affirmant que « C’est une évidence que les passeurs, que les migrants se parlent entre eux, et qu’effectivement, on sait bien qu’il ne faut pas faire un appel d’air, parce que sinon, si on dit ’En France, il n’y a pas de soucis pour avoir ses papiers, vous verrez que le migrant viendra plutôt en France ».

Cependant, au sein de LREM ces déclarations divisent également. Le député Gabriel Attal s’est désolidarisé de tel propos, déclarant que « si un benchmark est fait par les migrants, il est assez simple : mourir chez eux ou survivre ailleurs ». Ce qui n’est évidemment pas l’avis de Robert Menard qui, non content d’ajouter son grain de sel, soutient le ministre de l’intérieur en déclarant que les migrants procèdent à une véritable étude de marché de l’asile en Europe.

Par ailleurs, ces déclarations alimentent également le mythe du « Bon » et du « mauvais migrant » ayant récemment fait surface dans l’actualité suite à la naturalisation de l’héroïque Mamoudou Gassama. Dénoncer le benchmarking des migrants est en effet également la possibilité pour toute une frange de la classe politique de séparer le « bon migrant » utile et francophile, du « mauvais migrant » cupide et intéressé, qui, par conséquent, mérite de voir ses droits les plus fondamentaux reniés.

Derrière ces propos se cachent ainsi une idéologie nauséabonde, qu’Olivier Besancenot, porte-parole du NPA a dénoncée :




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Loi asile et immigration    /    Robert Ménard   /    Christophe Castaner   /    LREM   /    Gérard Collomb   /    Olivier Besancenot   /    Réfugiés   /    Immigration   /    Politique