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Politique

Gilets jaunes

Pour Darmanin "Ce ne sont pas les ‘gilets jaunes’ qui ont manifesté, c’est la peste brune"

Après Castaner, au tour de Darmanin de mener la charge pour décrédibiliser le soulèvement populaire en cours en déclarant : « Ce ne sont pas les ‘gilets jaunes' qui ont manifesté, c'est la peste brune. Ce n'est pas parce que vous mettez un ‘gilet jaune' que vous ne portez pas une chemise brune en dessous ».

Des propos qui s’inscrivent dans la lignée de la vague de déclaration gouvernement pour à tout prix décrédibiliser le mouvement de soulèvement populaire en cours. Déjà le lendemain de la manifestation du 24 novembre, le Ministre de l’Intérieur Christophe Castaner avait parlé d’un « l’essoufflement » la mobilisation par rapport au 17 novembre, et cherchait à tout prix à assimiler l’ensemble du mouvement et sa radicalisation à Marine Le Pen. Une tentative ratée pour minimiser et décrédibiliser l’explosion de colère sociale qui émerge aujourd’hui, suite à des années de mépris de classe et de politiques anti-sociales dont Macron marque le point culmination.

Malgré la présence dans les manifestations de militants de l’ultra-droite, ils sont restés très minoritaires et le mouvement est, par ailleurs, loin d’être récupéré par Marine Le Pen. En réalité, quiconque s’est rendu par exemple sur les Champs Elysées samedi– et cela, même la plupart des journalistes l’admettent – a pu constater que l’écrasante majorité des manifestants réunissaient des chômeurs, des travailleurs pauvres, fonctionnaires, artisans, infirmiers, mères célibataires, etc qui réclament le droit de « vivre et non survivre ».

Il s’agit en réalité d’une radicalisation d’une frange du mouvement, en réaction à des années de politiques anti-sociales, et un mépris du gouvernement ouvertement affiché, qui entend bien poursuivre son agenda anti-social. Face aux menaces des forces de l’ordre, intimidations du gouvernement et à la répression quasi-militaire déployée, les Gilets Jaunes ont fait montre de toute leur détermination à exercer leur droit à manifester en disputant le terrain aux forces de l’ordre malgré la mobilisation d’un arsenal d’ampleur par le gouvernement.

L’opération du gouvernement vise en fait à diviser le mouvement entre les « méchants » casseurs d’extrême-droite d’une coté et les « gentils » manifestants pacifiques de l’autre, de façon à diviser le mouvement et le salir pour empêcher la jonction avec d’autres secteurs.

Loin d’etre récupéré par l’extreme-droite, des éléments très progressistes s’expriment parmi les gilets jaunes. On ainsi vu à Montpellier les gilets jaunes effectuer une haie d’honneur pour la manifestation féministe !

Crédits photo : AFP/Eric FEFERBERG




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