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Monde

Benetton et l’Etat argentin en guerre contre les Mapuches

Pour Santiago Maldonado, mobilisation à Paris devant l’ambassade

Malgré une pluie intermittente, c’est plus de soixante personne qui se sont rassemblées devant l’ambassade d’Argentine à Paris en cette journée de mobilisation internationale pour exiger la réapparition de Santiago Maldonado, militant solidaire de la cause mapuche, enlevé par la gendarmerie.

Santiago Maldonado a été enlevé il y a un mois, dans le cadre d’une opération de gendarmerie extrêmement violente contre une communauté mapuche, dans le Sud de l’Argentine.

Dans cette région d’élevage où les grands propriétaires ont accaparé les terres originaires des communautés autochtones, les moutons sont mieux traités que les hommes, les femmes et les enfants. La Compagnie Tierras del Sud Argentino, propriété du groupe Benetton depuis 1991, possède 900.000 hectares dans la région où l’opération de police a été menée. Les 100.000 moutons qui y sont élevés fournissent 10% de la laine utilisée par la marque, dans la confection. Ceux qui résistent à la perpétuation de ce vol sont condamnés à subir la répression.
Ce sont ces grands propriétaires, ainsi que les sociétés minières qui exploitent les deux versants de la cordillère des Andes, qui sont à l’origine de la guerre qui est orchestrée par le gouvernement chilien de Michelle Bachelet et le gouvernement argentin de Mauricio Macri contre les Mapuches.

En juillet 2016, quelques mois après son arrivée au pouvoir, Macri affirmait à la télévision que la question du nombre de disparus (30.000) sous la dictature argentine de 1976 à 1983 ne lui importait guère. Ce n’est donc pas un hasard si les méthodes de sa gendarmerie renouent avec les mêmes méthodes de disparition de militants que sous la dernière dictature, méthodes enseignées aux militaires argentins par d’anciens officiers français ayant mené la « guerre contre-insurrectionnelle » en Indochine et en Algérie. Ce n’est pas un hasard, non plus si, dans la nuit de jeudi à vendredi, plusieurs locaux de partis et d’organisations politiques de gauche radicale et d’extrême gauche de Córdoba, la seconde ville du pays, ont été perquisitionnées, au nom de la « lutte contre le terrorisme », rappelant par là les heures les plus sombres des années 1970.

Voilà ce qui se disait, vendredi soir, devant l’ambassade d’Argentine de Paris. En parallèle à des rassemblements qui ont eu lieu dans plusieurs villes européennes comme Londres, Madrid ou Barcelone, et peu avant les grandes manifestations qui se tiendront en Argentine, une soixantaine de jeunes et d’activistes argentin-e-s, latino-américain-e-s et français-e-s se sont rassemblés pour remettre aux représentants du gouvernement argentin en France une pétition exigeant que toute la lumière soit faite sur l’enlèvement de Santiago Maldonado et pour demander sa réapparition, sain et sauf, ainsi que la fin de la répression contre les communautés autochtones de Patagonie.

[Crédits photo Jean Segura // Chedam 6 ]




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