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Monde

Son plus beau but !

Pour Stoichkov, le gouvernement espagnol est un ramassis de franquistes

Qui ne se souvient pas des prouesses de Hristo Stoichkov sous les couleurs du Barça ou de la sélection de foot bulgare dans les années 1990 ? En direct, sur la chaîne américaine en langue espagnole Univisión, hier, il n’a pas mâché ses mots : pour Stoichkov, la vice-présidente du conseil espagnol, numéro deux du gouvernement, Soraya Sáenz de Santamaría est une franquiste. Comme son grand-père, son père et son fiston. Piqué au vif, le gouvernement espagnol a décidé de porter plainte contre le footballeur à la retraite.

Stoichkov est apparu sur le plateau d’un des programmes de sport d’Univisión Deportes avec un brassard aux couleurs de la Catalogne. L’ancien joueur du Barça entre 1990 et 1995 et 1996 et 1998 n’a jamais fait mystère de son soutien à la cause indépendantiste catalane. Après avoir gagné la Coupe d’Europe, en 1992, il était d’ailleurs descendu sur le terrain, à Wembley, en brandissant l’Estelada, le drapeau républicain catalan.

En raison du rôle joué par les forces de répression en Catalogne depuis plusieurs jours, notamment lors du référendum au cours duquel plus de 800 personnes ont été blessées par la Police Nationale et la Garde Civile, Stoichkov a déclaré, sur le plateau de Univisión Deportes « qu’envoyer la police pour taper sur des gens innocents » était une « honte », à l’instar du « gouvernement espagnol ». Au sujet de Santamaría, vice-présidente du Conseil et ministre pour les Administrations territoriales de l’Espagne, co-responsable, par conséquent, de l’envoi de 10.000 policiers pour mettre un coup d’arrêt au processus référendaire, Stoichkov a demandé sa démission, soulignant par ailleurs que son grand-père, son père et elle-même étaient franquistes, tout comme son fils.

Stoichkov a néanmoins commis une légère confusion historique… Il a confondu le grand-père de la ministre et le général franquiste José Antonio Sáenz de Santamaría, partisan du Pronunciamiento en 1936 et haut dignitaire sous la dictature. Mais les deux personnages n’ont aucun lien de parenté… Et une chose est sûre, cependant : la répression de dimanche, elle, tout comme le discours du roi, mardi soir, relèvent du franquisme pur et dur et se place dans la tradition du Caudillo.

Santamaría et le gouvernement espagnol ont décidé de porter plainte. Si Stoichkov s’est si sévèrement trompé, ils auraient pu laisser couler. Après tout, l’erreur est humaine. Mais en réalité, il n’y a que la vérité qui blesse…




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