Notre classe

La direction à l’offensive sur l’ensemble des sites

Pour faire passer les licenciements, la direction de PSA abat la carte de la répression syndicale

Publié le 24 octobre 2016

La répression qui s’abat aujourd’hui sur les militants CGT du groupe PSA n’est pas déconnectée de l’actualité. Avec la signature du nouvel élan pour l’emploi (NEC) et l’annonce de 2133 suppressions d’emplois, la direction a déclaré la guerre à ses employés. Très certainement méfiante des possibilités de réaction à sa politique au sein de l’entreprise, surtout après les 4 mois de mobilisation contre la loi travail qui ont vu émerger une nouvelle génération de militants, c’est bel et bien par la répression que la direction de PSA entend faire courber l’échine aux ouvriers.

Poissy, Valenciennes. Mise à pied et licenciements ?

Le message de la direction du groupe à Poissy est clair. En poussant à la confrontation sur toutes les questions, des cadences aux suppressions de postes de travail en passant par la sécurité ou encore sur les possibilités de défendre les intérimaires, la stratégie du groupe consiste à systématiquement casser toute possibilité de résistance. C’est ainsi que pas moins de six syndicalistes sont dans le collimateur de la direction, dont deux risquent de se voir notifier des licenciements.

Mais la situation est peu ou prou la même à Valenciennes, où deux militants CGT sont sous le coup d’un entretien qui peut aller jusqu’au licenciement. Leur seul crime a été de vouloir défendre un ouvrier, qui avait perdu dans le cadre d’un congé 150 euros, auprès d’un chef. Suite à cela, ce dernier a fait un rapport contre les deux camarades pour injures et séquestration. Une sévérité hallucinante qui s’explique par la volonté de mettre en place un plan de suppressions d’emplois sur le site, qui s’inscrit dans le cadre de licenciements à la Française de Mécanique à Douvrin, SevelNord et à Hordain. Pour effectuer cette saignée, l’objectif est ici de faire licencier des militants combatifs.

La BAC dans les locaux de la CGT PSA Mulhouse

Mais la répression des travailleurs combatifs ne s’arrête pas là. Dernièrement, le syndicat CGT PSA Mulhouse a reçu la visite de la brigade anti-criminalité (BAC) dans ses locaux à la suite d’une plainte déposée par la direction et une partie de la hiérarchie du site, pour un tract syndical écrit il y a de cela 7 mois. En réalité, la mobilisation contre le nouvel accord de compétitivité, qui a rassemblé plus le 1000 grévistes, et la participation des travailleurs au mouvement contre la loi travail sur Mulhouse, sont les vraies raisons de cette escalade répressive. Un moyen de faire payer aux travailleurs leur lutte après coup.

Le groupe PSA, qui a fait en 18 mois 2,04 milliards de profits, et qui dans la foulée veut supprimer 2133 emplois est, pour sa part, arrosé de cadeaux. En 10 ans, PSA a versé près de 6 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires. 2,86 milliards d’euros sous forme de versements directs aux porteurs d’actions, 3,02 milliards d’euros sous forme de rachats d’actions, et 74 millions au titre du CICE pour 2015. Il n’y pas de doute, pour le groupe PSA tout va bien, et rien n’est moins justifié qu’un plan de massacre d’emplois pour encore augmenter le salaire de Carlos Tavares et ses actionnaires parasites.

Un front unique contre la répression

Comme nous l’avons vu dans la mobilisation du 19 et 20 octobre contre la criminalisation d’ouvriers qui se battent pour garder leurs emplois, avec les Goodyear, les conditions sont réunies pour construire un front large face à la répression. Avec plus de 200 procès partout en France contre les militants du mouvement contre la loi travail, les condamnations allant jusqu’à la prison ferme, les mutilations et les assassinats qui touchent militants et jeunes des quartiers populaires, tous les ingrédients sont aujourd’hui présents pour mener un combat nécessaire pour la défense des droits démocratiques. Cette lutte contre toutes les répressions doit aussi être celle du mouvement ouvrier.

_