Politique

La preuve qu’ils ont peur...

Pour l’Euro, Hollande veut réquisitionner les grévistes ? Il faut renforcer le mouvement !

Publié le 9 juin 2016

On avait eu droit au « il faut savoir arrêter une grève » dimanche soir. Cette fois-ci, François Hollande, secondé par Valls, laisse planer la menace de la réquisition des grévistes pour assurer la bonne marche de l’Euro de foot et une bonne image de Paris, candidate aux JO de… 2024. Entre le foot, le cyclisme et les Jeux Olympiques, à écouter Hollande, il faudrait renoncer à se mobiliser pour les dix prochaines années. C’est bien ce qu’il cherche, en tapant un grand coup avec la Loi Travail. C’est bien pour cela que, plus que jamais, il faut le renvoyer dans les cordes : par la grève interprofessionnelle prolongée !

Comité de rédaction

Hollande vomit sur la Résistance

C’est à Tulle, ville libérée par les FTP, en marge de la cérémonie d’hommage aux quatre-vingt-dix pendus du 9 juin 1944 par les SS, que Hollande a passé un cap : à la veille du début de l’Euro de foot, le président a lancé un « appel à la responsabilité de chacun », affirmant que « l’État prendra toutes les mesures qui seront nécessaires »face aux grèves. Á quelques 150 km de là, en déplacement à Clermont, Valls lui faisait écho en disant n’exclure « aucune hypothèse ». Sans jamais prononcer le mot, tout le monde pense aux réquisitions.

La pagaille, c’est eux !

Le climat a été préparé en amont : avec les politiciens de tout bord et leurs discours antigrève, puis avec Gattaz, comparant les cégétistes à des terroristes, avec Ségolène Royal, hier matin, qui appelait à ce que la « pagaille cesse ». Mais la pagaille, c’est eux ! Le déni de démocratie, ce ne sont pas les salariés « qui bloquent », mais ceux qui ont imposé, à coup de 49.3, le plus grand recul social de ces quarante dernières années ! Faire grève, selon Hollande, c’est non seulement « incompréhensible », mais ça risque bientôt d’être interdit si cela nuit de trop aux intérêts du patronat et de ceux qui vont tirer parti de l’Euro.

Passer de la « guérilla » à la guerre pour gagner

La violence de leur discours est à la hauteur de leurs craintes. Patrick Kanner, ministre des Sports, n’a pas hésité à parler de « guérilla syndicale » à propos de la persistance du mouvement : dans les transports publics, à la RATP notamment, à la SNCF, chez les éboueurs parisiens, marseillais et stéphanois, chez les intermittents et chez les raffineurs, bien entendu, et avec, en toile de fond, les dizaines de milliers de soutien au mouvement qui participent aux actions de blocage.

Kanner utilise-t-il le terme de « guérilla syndicale » parce qu’il dit tout haut ce que d’autres pensent tout bas, à savoir que le contrôle des grèves, aujourd’hui, est de plus en plus compliqué et qu’elles commencent à déborder le cadre habituel des mouvements ? Peut-être. Une chose est sûre : il nous faut passer, plus que jamais, de la guérilla à la guerre si l’on veut gagner, et on le peut !

Le saute-mouton, non merci !

Après la journée du 14, l’Intersyndicale évoque depuis mercredi la date du 23 puis du 27 juin. Après les 9 et le 17 mars, le 28 avril, les 19 et 26 mai, la journée du 14 juin, l’Intersyndicale nous parle maintenant des 23 et 27 juin comme nouvelles dates ? Martinez, de son côté, se félicite du fait que El Khomri aurait invité la confédération à dialoguer tout en disant que le « blocage de l’euro ne donnerait pas la meilleure image de la CGT ».

C’est maintenant, au contraire, qu’il faut peser de tout notre poids. Plutôt que de poursuivre, en saute-mouton, jusqu’à début juillet, il faudrait que la grève s’étende, après le 14, le 15, puis le 16, et le 17, et ainsi de suite, jusqu’à ce que le gouvernement fasse marche-arrière.

Assez de tergiversation ! Imposer la poursuite de la grève au lendemain du 14

La perspective d’un recul du gouvernement est tout sauf inatteignable et c’est bien pour cela qu’il est aussi nerveux. Pour ce faire, encore faudrait-il que les directions syndicales qui sont contre le texte se rappellent leurs engagements, entendent le mandat de leur base et enclenchent, véritablement, un rapport de force : la grève dans la durée et prolongée, non pas secteur par secteur et en saute-mouton mais en continu !

Chez les cheminots en lutte, notamment, circule l’idée que le 14, il faudrait se voir, toutes et tous ensemble, avec des délégations représentatives des secteurs en bagarre, de la SNCF, de la RATP, des raffineries, des éboueurs et du nettoiement, des travailleurs de l’énergie, de l’aérien, des intermittents pour imposer que, dès le soir du 14, l’Intersyndicale appelle à la poursuite généralisée de la grève.

Pour une Rencontre Nationale Interpro pour continuer la grève

Coupler la continuité de la grève à la nécessité de défendre les piquets et les grévistes déjà sur le terrain, voici la seule façon de stopper dans leur course folle Hollande, Gattaz et leurs amis. C’est la perspective dont devraient s’emparer les équipes militantes qui ne démordent pas, à juste titre, de faire reculer le gouvernement et le patronat.

Plus que jamais, avec l’Euro, la perspective ne peut être d’éparpiller les actions et de se laisser découper, par des réquisitions, les uns après les autres. Il nous faut répondre collectivement et imposer leurs engagements à nos directions qui ont passé des semaines à nous dire que le début de la compétition serait idéal pour donner de la voix et passer aux actes, collectivement et jusqu’au bout.