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Politique

Public-privé, des précaires à la jeunesse

Pour le 10 octobre et la suite, construire des Assemblées Générales Interprofessionnelles

Plus qu’une journée réservée au secteur public, ce 10 octobre pourrait bien opérer la jonction avec le privé ou encore les plus précaires, les retraités et la jeunesse. Pour construire cette nouvelle échéance, s’appuyer sur les initiatives d’auto-organisation de type Assemblées Générales Interprofessionnelles pourrait, comme en 2010 contre la réforme des retraites, permettre de commencer construire le mouvement dans la durée, au-delà des seules journées d’action.

Le 10 octobre prochain, à l’appel des 9 organisations de la fonction publique, les fonctionnaires seront en grève contre les attaques de Macron dans le secteur public avec notamment le gel de la valeur du point d’indice, le rétablissement de la journée de carence, la perspective de 120 000 suppressions d’emploi dans la fonction publique, ainsi qu’une « simple compensation » de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) envisagée pour les fonctionnaires.

La pression à la base impose l’unité : Le 10 octobre pour faire converger

Même si cette journée de grève avait été annoncée avant le 21 septembre, affaiblissant ainsi la deuxième journée de mobilisation interprofessionnelle, la pression unitaire à la base est en passe de lui faire prendre un autre contenu, celui d’une journée de grève nationale interprofessionnelle, public-privé, en témoigne par exemple les appels de plus de 28 Unions Départementales CGT et des 13 Fédérations CGTS qui appellent et participent à la grève du 10 octobre.

Pour l’heure, en ce qui concerne les secteurs mobilisés, les transports aériens ont rejoint le mouvement, de même que les salariés de Pôle emploi, de la Ratp, des cheminots (excepté la CGT cheminot), des routiers appellent à rejoindre cette journée de grève pour en faire une journée de convergence des luttes. En ce sens, la pression à la convergence à la base pousse cette grève à son inter-professionnalisation, des secteurs public-privé à la jeunesse, en passant par les retraités.

Organiser des AG interprofessionnelles, des intersyndicales et des inter-orgas

Pour œuvrer à la mise en place d’un plan de bataille commun, il est nécessaire d’appuyer, localement, les initiatives d’auto-organisation, en lien avec les comités de grève et les équipes syndicales combatives, rassemblant les organisations syndicales, politiques et associatives, les mouvements de jeunesses, les précaires et les retraités. Des organismes qui peuvent prendre la forme d’Assemblées interprofessionnelles, comme d’intersyndicales et d’inter-organisations.

En ce sens, appuyer et réactiver, partout où cela est possible, les structures et les expériences déjà existantes, formées lors de batailles précédentes, comme en 2010 et dans une moindre mesure en 2016, est une nécessité pour démontrer localement qu’il est possible de penser un plan de bataille commun. En 2010, dans la bataille contre la réforme des retraites, l’AG interpro de Saint-Denis avait ainsi exprimé, à un niveau embryonnaire, cette expérience de front unique ouvrier.

Des AGS, pour imposer aux directions syndicales notre plan de bataille !

Dans le cadre de la dynamique interprofessionnelle en marche, non seulement, il est à regretter que les directions syndicales, notamment la CGT, n’appellent pas nationalement à faire converger public-privé, jeunes et retraités. Mais plus, encore, il est incompréhensible, à moins de jouer la temporisation, que l’intersyndicale, CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC, Solidaires, Unsa, FSU, ainsi que l’UNEF et la FAGE, qui s’est réuni ce lundi n’ait pas appelée, à une journée unitaire de grève nationale interprofessionnelle dans la foulée du 10 octobre.

S’organiser en AG, discuter d’un plan de bataille, et d’un mouvement ancré dans la durée, c’est la seule façon d’exiger des directions nationales un véritable plan de bataille, radicalement distinct des journées d’action en saute-mouton ou des marches du week-end, avec les armes qui sont les nôtres : la grève, les piquets, les manifestations.

Plus encore, il s’agirait, dans ces assemblées, de discuter d’un programme hégémonique permettant d’unifier les rangs ouvriers, les secteurs précarisés, la jeunesse, les populations des quartiers, contre les violences policières et la stigmatisation sociale, contre les mesures autoritaires et liberticides, sur la question du logement. Contre le chômage de masse et la précarité. Alors qu’aucune mesure antiouvrière et antipopulaire ne cristallise la colère, réfléchir à des mots d’ordre permettant d’œuvrer à la massification du mouvement pourrait être une des tâches de ces Assemblées. Dans celle-ci, le rôle de la jeunesse pourrait y être déterminant.




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