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Public, privé, tous concernés !

Pour le 12 septembre, la FSU n’appelle pas à la grève

Le 12 septembre, à l'appel de la CGT, sera une première journée de mobilisation contre la loi travail bis, toujours plus destructrice pour le monde du travail. La FSU qui s'était jointe à l’intersyndicale lors de la mobilisation contre la loi travail en 2016, n'appelle pas la fonction publique au niveau national à la grève. Pourtant la fonction publique a toutes les raisons de se mobiliser.

Crédits : AFP Philippe Huguen

Le communiqué de la Fédération Syndicale Unitaire daté du 29 août, « appelle à participer aux mobilisations engagées le 12 septembre prochain selon des modalités choisies localement et dépose pour cela un préavis de grève ». Un moyen de ne pas appeler à la grève à échelle nationale en imputant la responsabilité de la participation à la mobilisation section par section, limitant de fait l’impact de la mobilisation. De même, « la FSU propose à l’ensemble des fédérations de fonctionnaires la construction d’une journée d’action au mois d’octobre, la plus unitaire possible, afin d’exprimer le désaccord des agents avec ces mesures, en exiger la réorientation et porter les revendications pour les personnels ». Une division de fait entre public et privé, en appelant à une date distincte.

En 2016, le gouvernement Hollande affaibli avait tout fait pour endormir les fonctionnaires par la revalorisation du point d’indice de 1,2 %, loin de correspondre à l’inflation des dernières années. Le gouvernement Macron 2017, lui, attaque vite et fort l’ensemble du monde du travail, le privé avec la nouvelle loi travail à coup d’ordonnances et le public à commencer par le gel du point d’indice, le rétablissement de la journée de carence ou la fin des contrats aidés.
Ce qui se profile, c’est un gouvernement qui entend bien pousser jusqu’au bout la transformation managériale des secteurs publics. Par le biais de toutes les contre-réformes en cours ou à venir, c’est l’instauration du modèle de l’entreprise dans les institutions publiques. C’est l’instauration d’un nouveau régime salarial : compétitif, flexible, adaptable.

Le même schéma de l’inversion de la hiérarchie des normes au cœur de la loi travail est en train d’être appliqué dans la fonction publique et plus particulièrement dans l’éducation nationale sous couvert d’une autonomie renforcée des établissements. C’est également cette inversion de la hiérarchie des normes et le démantèlement de la règle d’uniformité qui s’applique à l’ensemble du territoire au sein de l’éducation nationale. Pour le gouvernement, il faut renforcer la gestion locale. La refondation de l’école doit reposer sur l’autonomie des établissements qui devra porter sur les horaires de cours mais aussi sur l’organisation du travail pour les enseignants en fonction des « projets d’établissement » et des objectifs définis par le principal. Cette plus grande flexibilité du travail permettra une évaluation individuelle en fonction de « l’efficacité des personnels ».

C’est le moment de construire un tous ensemble et d’imposer la grève générale !

Les salariés du secteur ne doivent pas regarder cette attaque comme quelque chose qui ne les concerne pas. Casse du statut, rétablissement d’un jour de carence, gel du point d’indice, suppressions de postes, fin des contrats aidés, dégradation de nos conditions de travail... Nous sommes tous visés par une même politique qui s’attaque à l’ensemble du monde du travail.

La position de la FSU est un recul important face à l’ampleur des attaques qui visent le privé et le public, alors qu’elle avait au moins joué le jeu des appels à la grève perlée en 2016. Secteur privé, hôpitaux, éducation nationale, collectivité territoriale… nous pouvons faire plier ce gouvernement en frappant ensemble par la construction d’un mouvement unitaire.

C’est pourquoi de nombreuses sections départementales ou académiques (comme la FSU 66, 31,76 ou encore le SNES Créteil, 44 …) ont décidé d’appeler à la grève le mardi 12 septembre contre la réforme du code du travail et contre toutes les menaces dont fait l’objet la Fonction Publique (gel du point d’indice, retour du jour de carence…).

Cependant, force est de constater que la division règne en vue du 12 septembre. Seule une mobilisation XXL pourra battre une loi travail XXL. Pour cela il faudra la mobilisation, tou-te-s ensemble, quelles que soient nos couleurs syndicales, et dans la durée, contre la Loi Travail XXL, contre les attaques globales du gouvernement et contre les traîtres qui la soutiennent. Ce rapport de force, nous devons le construire tous ensemble dans les assemblées générales interprofessionnelles.




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