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Politique

Encore des trahisons

Pour le chef de la CFDT, les mobilisations sont... ringardes !

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, a déclaré, face à l’organisation des premières manifestations contre le projet de Loi Travail puissance 10 que prépare le gouvernement Macron, que l’affrontement entre patronat et syndicats serait « dépassé » et « ringard »

Laurent Berger a ainsi parlé d’un « affrontement stérile entre patronat et syndicats », a expliqué qu’« Il faut se mobiliser pour des idées » et a poursuivi « Le syndicalisme divisé qui se cantonnerait à organiser des manifestations pour faire croire qu’il est d’accord contre quelque chose mais jamais pour quelque chose, je pense qu’il faut que ça s’arrête ». Celui qui a appelé à voter Macron au 2nd tour de la présidentielle estime-t-il donc qu’il serait « dépassé » de se battre contre la destruction du Code du travail, de la casse de la Sécu et des retraites ?
Le secrétaire général de la CFDT a également parlé d’un syndicalisme plus moderne : « On a trop souvent pensé en France que la palette du syndicalisme, c’était manifestations, grèves, mobilisations. » et a décrété qu’il fallait passer par des « propositions, négociations, engagements, contre-propositions. » En réalité, rien de nouveau sous le soleil pour Laurent Berger qui avait déclaré il y a quelques semaines que la ministre du Travail avait « plutôt le bon profil », qui s’était dit rassuré après son coup de fil avec Edouard Philippe et qui marchait déjà main dans la main avec le gouvernement de Hollande tandis que celui-ci faisait passer sa loi travail à coups de 49.3.
Croire que le patronat serait prêt à accepter nos « propositions » par le dialogue à Matignon c’est se fourvoyer. Le seul rapport de force dont disposent les travailleurs et travailleuses face au Médef et au gouvernement Macron pour pouvoir espérer défendre les miettes de droits sociaux restantes, ce sont nos propres méthodes : en descendant dans la rue et en bloquant nos usines ! Au lieu de commencer à construire une opposition sérieuse au gouvernement Macron et à son agenda très serré qui va déjà amorcer la destruction des conquêtes du mouvement ouvrier à coups d’ordonnances cet été, la CFDT préfère une fois de plus fuir ses responsabilités et se tient déjà prête à négocier avec le gouvernement pour à nouveau brader les droits des travailleurs.




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