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Politique

La défense de Benalla

Pour les avocats de Benalla c’était « une action vigoureuse mais menée sans violence »

Les deux avocats de Benalla ont attendu d’avoir des images pouvant justifier le comportement de leur client et s’exprimer. Une vidéo montrant les deux jeunes lancer ce qui semble être une bouteille et un cendrier (qui n’atteint même pas les CRS) va servir la défense pour justifier l’injustifiable, un tabassage pur et simple de manifestants.

Ô miracle ! Après de longues journées de tourmente, Benalla a enfin, pour lui et ses avocats, un semblant de justification pour ses actes. Dans une vidéo, on peut voir les deux jeunes molestés par le responsable de la sécurité de Macron lancer des projectiles inoffensifs en direction des CRS "carapacés" et protégés par leurs larges boucliers. Néanmoins, pour la défense, cela suffit à s’engouffrer dans une tentative désespérée de faire appel à « l’article 73 du code de procédure pénale ».

Dans un communiqué, les deux avocats expliquent que cet article prévoit que « dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche ». Une tentative de faire passer Benalla pour un héros défenseur des forces de police lâchement attaquées par deux jeunes hooligans qui font des bras d’honneur et jettent des cendriers en plastique. Les deux avocats affirment qu’effectivement Alexandre Benalla « n’avait pas vocation à intervenir personnellement sur ces opérations » mais que devant les « agissements de deux individus particulièrement virulents et de l’apparent dépassement des capacités opérationnelles des policiers sur place, monsieur Benalla a pris l’initiative de prêter main forte au dispositif en aidant à la maîtrise de ces personnes ».

Malheureusement pour Benalla, les images ne confirment en aucun cas cette version. En effet, les CRS ne sont en aucun cas débordés, et quand Benalla tabasse le manifestant celui-ci est au sol, derrière les CRS (après avoir été matraqué par ces derniers) et ne représente aucune menace pour qui que ce soit. Dans leur communiqué, les avocats ont même l’indécence de décrire l’intervention de Benalla comme « une action vigoureuse mais menée sans violence [et n’ayant] causé aucune blessure ». Tout le tapage autour de cette affaire n’aurait pour but que de « porter atteinte à la présidence de la République ».

C’est bien évidemment le cas étant donné que l’affaire Benalla est une affaire d’État. Le gouvernement a caché l’action du responsable de la sécurité de Macron, le gouvernement a peut être menti sur sa pseudo-sanction et les révélations successives sur les passe-droits et avantages de Benalla montrent les dessous de la « Révolution » Macron. Dans le communiqué des avocats, il n’est jamais question de ce qui est reproché à Alexandre Benalla : à savoir le vol des images de vidéosurveillances, le port d’un brassard de police et l’équipement mis à sa disposition le faisant passer pour un CRS ou un policier en civil ; l’agression au contraire est justifiée par un acte de civilité.

Une défense bien pâle et qui ne berne personne devant la violence des faits et ce qu’elle représente : une macronie débridée qui permet à ses collaborateurs d’aller taper du gauchiste. Même la justice bourgeoise ne va pas dans son sens, puisqu’Alexandre Benalla, étant détaché sur place pour « se former » (sans doute aux violences policières), ne se trouvait pas dans la situation d’un citoyen lambda assistant à une infraction en flagrant délit où lui seul pouvait intervenir. En effet, les CRS présents pouvaient, et ont effectivement, matraqué les jeunes manifestants d’eux-mêmes. Pire, dans ce cas présent, c’est Benalla lui-même qui soustrait le manifestant aux CRS pour le passer à tabac.




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