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Politique

Le gouvernement veut saigner les fonctionnaires !

Pour les collectivités, 32 000 suppressions d’emploi en augmentant le temps de travail

Les fonctionnaires, cibles privilégiées de l’austérité, vont, encore, devoir faire face aux attaques de Macron. En effet, le gouvernement vient d’annoncer son plan pour les collectivités territoriales. Simple et efficace : augmenter le temps de travail pour supprimer rapidement 32 000 postes de fonctionnaires.

Une honte pour les capitalistes et le gouvernement ! Les fonctionnaires territoriaux travaillent en moyenne 34h par semaine ! Au lieu de travailler 1 607 heures par an, ceux-ci n’en font que 1584 ! Dans cette période où on exige de se serrer la ceinture - excepté les patrons, les riches et le gouvernement - c’est inacceptable.

En effet, d’après deux rapports, les fonctionnaires territoriaux travaillent en moyenne moins de 35 heures. De fait, le gouvernement dans sa chasse aux fonctionnaires, aux « privilégiés du système », a trouvé la solution pour faire des économies. Respecter les 35h minimales ce qui permettrait de supprimer 32 000 postes. Ce qui fait 46% de l’objectif fixé par le gouvernement au niveau des suppressions de postes pour les communes, les départements et les régions. En effet, Macron et compagnie veulent supprimer pas moins de 70 000 postes d’ici la fin du quinquennat. Une saignée sans précédent pour les collectivités. Cette stratégie est dans la continuité de la casse du code du travail et de la réforme du temps de travail.

Le gouvernement va plus loin que ce que demandaient les représentants des élus locaux. Ces derniers avaient exigé la fin des accords dérogatoires et d’imposer de négocier les temps de travail des agents s’ils étaient sous le seuil légal.

Il a donc été décidé d’allonger le temps de travail des agents mais aussi en baissant le nombre de jours d’absence pour les naissances, mariages et décès. En clair, on retourne au bon vieux travailler plus pour gagner autant et avec moins de jours de repos. Et encore, le gouvernement avait envisagé d’aller plus loin. En effet, il voulait supprimer tous les congés spéciaux.

Des collectivités territoriales face à une casse organisée

Les collectivités territoriales sont exsangues depuis les réformes de Sarkozy. Les baisses drastiques de dotations ne font que les endetter un peu plus. Sous Hollande, les communes, les départements et les régions ont subi une baisse brutale de leur dotation globale de fonctionnement versée par l’État ; 1,5 milliard d’euros en 2014, puis 10,7 milliards entre 2015 et 2017. Macron a annoncé l’an passé vouloir baisser de 300 millions les dotations. Alors que les gouvernements successifs orchestrent le déficit des collectivités territoriales, ils viennent nous expliquer que ça serait la faute des feignasses de fonctionnaires qui ne bossent pas assez.

Les rapports qui font guise de saintes écritures ne prennent pas en compte ces coupes budgétaires. Ils ne prennent pas en compte les heures supplémentaires non comptabilisées, ni l’âge de la retraite qui est repoussée. D’après la CGT, s’appuyant sur une étude de la DARES en 2013, « 30% des agents de la fonction publique sont à 35h ; 46,5% travaillent au-delà de 35h ; 75% des agents dépassent parfois tous les jours leur horaires de travail ; 42% des agents travaillent le samedi et 30% le dimanche ; 11,3% des agents de la Fonction publique Territoriale travaillent entre 7 et 8h contre 11,2% dans le privé ».
« Le rapport Laurent, publié le 26 mai 2016, souligne pourquoi la durée annuelle des fonctionnaires est en dessous de la durée réglementaire de 1607h : les exigences du service public et la nécessité d’un travail en continu entraînent des contraintes spécifiques qui donnent lieu à des modalités de temps de travail particulières (horaires atypiques, astreintes, travail de nuit, du dimanche). Il précise aussi que les nouvelles technologies ont rendu floue la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle ».

De plus, il n’est jamais question de l’aggravation des conditions de travail. Le rapport annuel sur l’état de la Fonction publique de 2014 explique que les conditions de travail ne cessent de se dégrader. Avec la suppression de postes, l’augmentation des objectifs qui sont bien souvent irréalisables et les nouveaux modes de management. Et ce rapport date de 2014, depuis plus de 11 milliards d’euros de dotations ont été supprimés accentuant l’augmentation des tâches de travail à effectuer pour un seul agent car la collectivité ne peut pas embaucher.

La colère monte

Cette casse programmée ne se fait pas sans soubresaut. Et cette annonce de suppressions de postes et d’augmentation du temps de travail ne peut qu’aggraver les choses. A Brest, à Marseille, à Besançon, au Pays-Basque, les agents territoriaux ont décidé de prendre le chemin de la lutte. SUD collectivité territorial a déposé un préavis de grève et appelle à la mobilisation le 1er octobre. Cette date doit être la première d’une longue série pour lutter contre l’austérité. Cette démarche ne doit pas rester isoler et doit se prolonger notamment à travers la date du 9 octobre, date de mobilisation nationale. Les agents territoriaux ne doivent pas rester isolés et doivent se joindre aux cheminots, aux salariés de l’éducation nationale, aux étudiants et à tous les autres secteurs en lutte qui défileront dans les rues les 9 octobre prochain.




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