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Politique

Bataille du rail et mesquineries

Pour minimiser l’impact de la grève, la SNCF jongle avec les chiffres

Lors de la séquence de grève cheminote du samedi 28 et dimanche 29 avril, la SNCF annonçait que près de la moitié des RER D circulaient normalement en région parisienne. Une simplification à l’extrême des chiffres réels, qui permet de minimiser les conséquences de la bataille du rail.

Dans un article, les journalistes du Parisien cherchent à répondre au postulat suivant : « La SNCF enjoliverait-elle ses prévisions de trafic pour minimiser l’impact de la grève ? » Pour ce faire, et dans la mesure où la région Île-de-France est la plus impactée par la grève des cheminots, ils se sont concentrés sur le trafic réel du RER D au cours de la journée de grève du samedi 28 avril, et ont comparé les chiffres avec les prévisions annoncées par la SNCF.

« Pendant les jours de grève sur la ligne D, les trains ne font que la moitié de la ligne, avant de rebrousser chemin, explique Fabien Villedieu,délégué syndical Sud Rail, au ParisienCelle-ci est donc divisée en deux portions, Nord et Sud. Un week-end normal, 131 trains circulent sur l’ensemble de la ligne. 53 trains supplémentaires circulent également, uniquement sur la partie sud, plus dense. »

Dans son plan de transport publié la veille, la SNCF annonce qu’en moyenne, environ un RER D sur deux devait circuler le 28 avril. Mais en réalité, sur les 96 trains annoncés (sur 184 hors période de grève), la majorité n’a effectué qu’une partie du parcours. Résultat, dans les trois principales gares de la ligne, seuls 28 trains s’arrêtent en moyenne, contre 87 habituellement. 

Avec ces moyennes à la louche, la SNCF tente par tous les moyens de minimiser l’impact de la grève cheminote, notamment dans le but de décourager les grévistes. Cela a également une incidence directe sur les usagers, puisque l’entreprise s’est engagée à rembourser au moins 50 % du prix des billets aux voyageurs si moins d’un train sur trois circule.

Alors que la bataille du rail s’ancre dans la durée et que la colère des cheminots ne s’atténue pas, le gouvernement et la SNCF nous prouvent une fois encore qu’ils sont prêts à tout pour décourager les cheminots mobilisés, contrevenir au droit de grève et qu’ils n’ont que faire des usagers qui se fient aux chiffres annoncés. 

La seule réponse à leur apporter est un durcissement du conflit afin de montrer que la détermination des grévistes ne faiblit pas et d’imposer un rapport de forces à même de faire plier le gouvernement : si aucun train ne circule et que les cheminots expriment dans la rue et les gares leur radicalité, Macron, Philippe et Pépy seront obligés de faire tomber le masque.




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