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Politique

Un beau cadeau aux plus riches

Pour ne plus payer d’ISF, les milliardaires n’auront qu’à s’acheter des yachts

Macron cherche à supprimer l’Impôt sur la fortune sous couvert de le réformer. Comment cela se traduira-t-il ? En se concentrant sur l’immobilier, l’impôt ne concernera pas les biens meubles, tels que les yachts, les lingots d’or ou encore les jets privés.

Crédits photo : VALERY HACHE / AFP

L’impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) est une concession faite par le gouvernement au cours des années 80. Et bien que l’ISF soit déjà très limité à l’origine, il a été fortement attaqué depuis et ne concerne déjà que marginalement les grandes fortunes. Aujourd’hui, Macron veut lui assener le coup de grâce, en défiscalisant tous les biens qui ne sont pas immobiliers, en premier lieu les actions, sous prétexte de concentrer l’imposition sur les rentiers. Mais dans la réalité, quelles seront les conséquences de la transformation de l’ISF en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) ?

Tout ce qui constitue les signes les plus évidents de richesse sera défiscalisé ! Au-delà des actions, l’impôt épargnera désormais les biens meubles tels que les yachts, les jets privés, les lingots d’or ou encore… les chevaux de course, qui rapportent des millions ! Chez les fortunes qui pèsent plus de 10 millions d’euros, les biens immobiliers ne représentent en moyenne que 20 % du patrimoine.

Bernard Arnault par exemple, qui pèse 58 milliards de dollars et qui est classé première fortune de France, possède un yacht estimé à 165 millions d’euros. Voilà un bien qui ne sera plus concerné par l’impôt sur la fortune, grâce à la réforme du gouvernement Macron. De même que son jet privé, estimé à 52 millions de dollars.

Ainsi, avec cette réforme, Macron fait ouvertement un cadeau aux plus riches. Un cadeau de 5 milliards d’euros, dont ceux qui triment chaque jour au travail ne verront pas la couleur. Mais un cadeau qui est difficilement défendable et que les députés de la République en Marche peinent à expliquer. Ainsi, l’un d’eux déclarait : « On n’a qu’une trouille, c’est que le syndrome des yachts nous explose à la figure, comme la loi Tepa et son bouclier fiscal avaient explosé au visage de Nicolas Sarkozy ».

Mais l’exécutif, lui, assume totalement sa politique qui favorise une minorité. Ainsi, sur le plateau de l’Emission Politique de France 2, jeudi soir, Edouard Philippe déclarait : « Dès lors qu’on spécialise l’ISF sur les valeurs immobilières, [ces biens] sortent de l’assiette [...] Je l’assume. Notre objectif, c’est de faire en sorte que le capital reste en France et même d’attirer des gens - y compris des gens riches - en France ». Une illustration de plus du mépris total du gouvernement à l’égard des plus précaires, à qui il y a quelques semaines on annonçait la baisse des aides au logement.




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