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Politique

Un peu de fiction

"Pour que Poutou anime le débat Macron-Lepen", la pétition de l’immunité ouvrière qui circule sur la toile

Mercredi 3 mai prochain, les deux candidats restants à la présidentielle débattront en direct devant des millions d’électeurs. Une pétition a été adressée au candidat du NPA, Philippe Poutou, pour qu’il anime (un peu) le débat.

Alors que le candidat du Nouveau Parti Anticapitaliste avait fait du débat de début avril son moment de gloire, notamment en retoquant Marine Le Pen, opposant immunité parlementaire et « immunité ouvrière », puis en attaquant Macron sur son projet ultralibéral. Une pétition a été adressée au candidat pour lui demander d’arbitrer le débat entre les deux candidats, afin d’assurer que « les questions ne soient pas choisies par les candidats ». Ce qui est sûr, c’est que Philippe Poutou pourrait parfaitement arbitrer un match entre deux de ses plus importants adversaires, n’ayant appelé à voter pour aucun des deux, et ayant dit qu’il s’abstiendrait le dimanche 7 mai.

On peut dès lors imaginer quelques questions que pourrait poser le candidat anticapitaliste aux deux candidats, qui ont pour projet commun de taper encore un peu plus sur les classes populaires : « Emmanuel, on vous sait fervent partisan de la facilitation des PSE (Plan de Sauvegarde de l’Emploi) dans les entreprises pour licencier à tout va : qu’avez vous à dire aux salariés de Whirlpool dont l’usine devrait être délocalisée en Pologne ? ». Une autre question pourrait ensuite être adressée à la candidate frontiste : « Marine, on a un peu suivi vos derniers votes au Parlement Européen, et vous avez notamment voté pour le secret des affaires tandis que vous ne vous êtes même pas déplacé pour voter contre le TAFTA ; pensez vous que promulguer ces lois étaient des bonnes décisions pour protéger les classes populaires ? ».

Evidemment, un tel débat ne pourrait se passer de la question du chômage. Face à un candidat qui veut détruire la Sécurité Sociale, on brûlerait de demander : « avec le passage de l’assurance chômage d’un système d’assurance collective à un minima social, pensez vous que les chômeurs longue durée trouveront un travail plus facilement parce que les indemnités sont plus faibles ? », ou encore « vous êtes un des instigateurs du CICE, qui a permit de donner 20 milliards aux entreprises françaises sans contrepartie en matière d’emploi alors qu’en cinq ans, la même somme aurait financé 200 000 fonctionnaire payés 1700€ : regrettez vous cette mesure ? ».

Face à un Philippe Poutou qui l’avait déjà mise en grande difficulté durant le débat, Marine Le Pen ne serait pas en reste. Face à des questions comme « vous vous dites anti-système et vous détournez cinq millions d’euros du Parlement européen ; est-ce cela compatible ? » ou encore « vous avez dit que la colonisation de l’Algérie avait beaucoup apporté ; cependant, selon les historiens, la conquête de l’Algérie aurait causé un million de mort et la guerre d’indépendance 300 000 morts : est-ce cela que vous appelez le progressisme ? ».

Évidemment, toutes ces questions ne seront pas posées mercredi : Nathalie Saint-Cricq et Christophe Jakubyszyn ne voudraient pas trop mettre en difficulté les candidats dans leur course à l’Elysée. Cependant, ce sont bien ces questions (parmi d’autres) que beaucoup poseront dans la rue dès le 1er mai, face à deux candidats dont les programmes sont tout deux aussi violents envers les classes populaires.




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