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Culture et Sport

Sionisme dans les stades

Pour remercier Trump de son "courage", le club du Beitar se renomme le "Beitar Trump Jérusalem"

C'est une information qui, à première vue, peut paraître insolite, mais qui est en réalité profondément xénophobe et colonialiste. Le club du Beitar Jérusalem a, pour saluer le déplacement de l'ambassade américaine à Jérusalem, changé son nom en Beitar Trump Jérusalem.

« Jérusalem attendait depuis 70 ans une reconnaissance internationale, jusqu’à ce que le président Donald Trump, dans une démarche courageuse, reconnaisse Jérusalem comme la capitale éternelle d’Israël ». C’est par ces mots sur Facebook que la direction du Beitar Jérusalem, club historiquement proche des mouvances de l’extrême droite nationaliste, a salué le déplacement de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem. Mais, aussi improbable que cela puisse paraître, le club est allé plus loin... en changeant de nom pour devenir le Beitar Trump Jérusalem !

Un geste éminemment raciste et colonialiste, quand dans le même temps, au moins 113 palestiniens ont été tués, et plusieurs milliers d’autres blessés, lors des manifestations de cette semaine à Gaza. Le désormais Beitar Trump Jérusalem, dont les supporters, notamment du groupe d’extrême droite La Familia, se glorifient dans leurs chants d’être « les plus racistes du pays », n’est évidemment pas novice en la matière. Alors qu’aucun joueur arabe n’a jamais joué pour le club, deux musulmans tchétchènes avait été recrutés en 2012. Les supporters avaient alors brûlé des installations du club, menacé et insulté copieusement les deux joueurs jusqu’à leur départ du club, au bout de quelques mois.

Bien que ce changement du second club le plus populaire d’Israël puisse sembler symbolique, il est surtout significatif de la radicalisation croissante de l’extrême droite sioniste du pays. Une provocation et un affront supplémentaire, qui témoignent de l’urgence d’une solidarité internationale forte envers le peuple palestinien, à l’heure où les velléités colonialistes et la violence sur le terrain du gouvernement israélien s’exacerbent encore plus, avec l’appui des puissances impérialistes.




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