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Politique

Réforme de l'assurance chômage

Pour résoudre le problème du chômage, Macron réprime les chômeurs

Alors que les dossiers de la sélection ou de la réforme ferroviaire ne sont pas encore refermés, Murielle Pénicaud a présenté hier de nouvelles mesures liées à la réforme de l’assurance-chômage.

©PHILIPPE WOJAZER / POOL / AFP

Au cours de sa campagne, le candidat Macron avait promis de renforcer les contrôles sur les chômeurs, tout en élargissant les possibilités d’accès aux aides, donnant ainsi à son projet une apparence faussement équilibrée. Alors que le gouvernement est revenu sur sa promesse d’universalité de l’assurance chômage, en conditionnant drastiquement la mesure annoncée d’extension de ce droit aux démissionnaires, les mesures annoncées pour contrôler les chômeurs se portent en revanche très bien.

Une nouvelle attaque contre les droits des travailleurs

Nouvelle grille de sanctions, redéfinition de l’ « offre raisonnable d’emploi », augmentation du nombre d’agents de contrôle, le gouvernement entend faire porter aux chômeurs la responsabilité de leur situation. Si la ministre du travail a louvoyé en prétendant remettre de la cohérence dans le système, la logique du projet de loi est évidente.

Prenons l’ « offre raisonnable d’emploi ». Sous prétexte de « personnaliser » le système en y inscrivant les spécificités de chaque demandeur d’emploi pour adapter le caractère « raisonnable » d’une offre, l’objectif est d’augmenter la coercivité de cette mesure. Aujourd’hui, comme l’ont annoncé les médias bourgeois, le refus de deux offres « raisonnables » d’emploi conduit rarement à la radiation, il convient donc d’augmenter à la fois la peur de la menace et le nombre de radiations.

De même, sous couvert de les équilibrer, un durcissement des sanctions est également prévu. Ainsi, pour les chômeurs qui refuseraient pour la première fois deux offres d’emplois « raisonnables », la réduction de l’allocation passerait de 20% à 50% pendant deux mois. La mise en avant d’une réduction de la sanction pour absence injustifiée, donnée par M. Pénicaud en exemple de l’incohérence du système, n’a donc pour fonction que de dissimuler l’augmentation de la répression contre les chômeurs.

Sanctionner les chômeurs plutôt que les patrons

Sans surprise, ce sont donc des mesures contre les travailleurs que le gouvernement Macron propose. Malgré une période de relative embellie économique, le patronat encouragé par le gouvernement compte bien consolider ses profits après une longue période marquée par une croissance molle. Pour cela, il s’agit de continuer aggravation des conditions des travailleurs, maintenant structurellement un chômage de masse, comme une armée de réserve lui permettant de faire pression à la baisse sur les salaires.

Il est évident que ces mesures ne régleront en rien les problèmes qui affectent les chômeurs. Leur seul objectif est de proposer une réponse idéologique, par la culpabilisation des chômeurs, à un problème superstructurel insoluble sans porter atteinte aux intérêts que défend le gouvernement. La mise en place de la sélection à l’université s’inscrit dans une logique similaire, en cherchant à réduire les aspirations sociales des enfants des classes moyennes et ouvrières.

En conclusion, l’augmentation du contrôle des chômeurs n’est qu’une des dimensions du panel de mesures coercitives que le gouvernement est en train d’instituer afin de compenser sur le terrain de la répression et de l’idéologie son incapacité à résoudre les contradictions aigües que traversent le capitalisme. L’accentuation de la lutte des classes, dont l’intensité des attaques du gouvernement est une illustration criante, n’a pour l’instant, pas suscité la réponse espérée du côté des travailleurs.




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