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Politique

Acte IV des Gilets Jaunes

Pour scénariser son « efficacité », la police publie des photos de coffres contenant des « armes » de Gilets Jaunes

Depuis ce matin et le début de l’acte IV des Gilets Jaunes, les médias n’ont de cesse de parler des « casseurs » et de saluer l’efficacité des services d’ordre, faisant venir sur les plateaux –comme à France Info- un porte-parole d’Alliance, une porte-parole de la police. Les forces de police ont décidé de reprendre en main leur com’. De fait dans la matinée, ils ont mis en ligne des photos de leur soit disant « prise » dans les coffres de Gilets Jaunes, censées prouver que ce sont des « casseurs » et justifier la répression.

Crédit photo : Reuters / Eric Gaillard

Des armes par destination, voilà un terme qui fait peur ! C’est ainsi que les services de police présentent leurs prises lors de contrôles de voitures de Gilets Jaunes. Alors qu’à 10h du matin, il y avait déjà quasiment plus d’interpellations que sur toute la journée de samedi dernier, les forces de répression font une offensive de com’ sans précédent.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

Hier soir, ils ont contrôlé des bus allant vers Paris. Dans l’un d’eux, ils ont arrêté un sans papier et un journaliste qui avait osé protester.

Ils ont fait bon nombre d’interpellations préventives sur la base de soit disant « appels à la violence » sur les réseaux sociaux.

S’il y a une telle propagande policière, c’est bel et bien pour tenter de reprendre la main sur l’opinion publique. Entre matraquages et gazages de masse, la mort d’une retraitée à Marseille, les vidéos montrant les matraquages dans un fast food en marge d’une manifestation, les lycéens de Mantes-la-Jolie agenouillés mains derrière la tête ou attachées dans le dos avec des serflex, autant d’images qui ont largement circulé et qui ont démontré la violence des forces de police.

Face à ça, il a été décidé de communiquer beaucoup plus. De fait, ils ont communiqué des photos de ce qui a pu être saisi dans des coffres de gilets jaunes. Le but, montrer que les Gilets Jaunes montent sur Paris pour casser et s’affronter face aux forces de l’ordre. Les personnes étant dans les véhicules ont été mises en détention.

La police annonce des armes, du matériel de casseurs, des objets que des manifestants pacifiques ne devraient pas avoir sur eux.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

Or, lorsque l’on regarde les photos, on y voit un peu de tout. Des casques, des foulards, des lunettes. Immédiatement, on nous explique que ce matériel qui est devenu nécessaire pour se protéger dans les manifestations face à la violence policière est du matériel de casseurs. Il suffit de mettre les pieds dans n’importe quelle manifestation pour voir que depuis les manifestations contre la loi travail, il est presque essentiel d’avoir ce matériel pour ne pas avoir un œil crevé, une commotion cérébrale, des yeux et des gorges irritées par les gaz.

Attention image choc qui prouve que les Gilets Jaunes sont de dangereux terroristes : des ballons de baudruche remplis de peinture et des balles de paintball ou encore des billes. Ces images sont risibles.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

Si on peut voir des boules de pétanque (chose peut être difficile à comprendre pour un parisien mais ce n’est pas étonnant de trouver des boules de pétanque dans un coffre) et des battes de baseball, il n’y a aucune preuve que cela soit destiné à la manifestation. De plus, il serait logique de se demander si ce qui est montré vient directement des coffres des Gilets Jaunes. Des vidéos qui ont circulé sur les réseaux sociaux montrent des policiers en civil, déguisés en casseurs, venir prendre des projectiles dans un camion de CRS et les mettre dans leur sac. Si la police envoie des casseurs dans les manifestations, elle est prête également à fournir des images de soit disant coffres.

De plus, comment est-il possible de mettre sur le même pied d’égalité la violence policière et la présence de boules de pétanque dans un coffre ou le fait d’avoir un masque à gaz ? Le flic qui a brisé le tibia d’un manifestant à Toulouse à coup de flash ball aura sans doute les félicitations et les remerciements d’Edouard Philippe alors que le Gilet Jaune qui est monté sur Paris avec un foulard et des ballons de baudruche remplis de peinture prendra peut être de la prison avec sursis.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)




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