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Notre classe

Tous ensemble dans la rue contre la loi travail XXL

Pourquoi les profs doivent manifester le 12 septembre.

Le 12 septembre sera une première journée de grève pour s'opposer aux plans du gouvernement et du MEDEF contre le monde du travail, secteur public et privé confondu, et contre la jeunesse.

Si la loi travail XXL passe, c’est l’ensemble de notre camp social qui sortira affaibli

Un regard sur les précédentes « réformes » suffit pour comprendre que toutes les attaques contre les salarié-e-s du privé finissent par retomber sur les employé-e-s du secteur public. Prenons l’exemple des retraites : en 1993, Balladur attaque les retraites du privé puis, en 1995, Alain Juppé essaie d’étendre cette « réforme » au service public et recule sous la pression des grèves. C’est finalement Fillon qui l’imposera au secteur public en 2003. Voilà la méthode, à petits pas, pour attaquer l’ensemble des droits des salariés. D’abord en s’en prenant au privé, puis en passant au secteur public en prétextant qu’il est un secteur « privilégié ». Le projet de loi Travail opère de la même manière : on attaque le droit du travail privé. Une fois la loi passée, on pourra attaquer le statut des fonctionnaires. Dans ce sens, les échappées de Macron sur les fonctionnaires nous ont déjà donné un avant-goût des projets gouvernementaux en la matière.

La Loi travail XXL est un cas d’école pour l’ensemble des contre-réformes à venir. Avec la loi travail, c’est l’ensemble du monde du travail et de la jeunesse qui se trouvera affaibli pour s’opposer à toutes les réformes promises par le gouvernement dans l’éducation. Imposer une défaite à Macron sur ce terrain est essentiel pour gagner les prochaines batailles.

Pour s’opposer à Jean-Michel Blanquer, le meilleur ami des patrons

Des attaques, le ministre de l’Education nationale en prévoit un certain nombre. Outre celles concernant toute la fonction publique (gel du point d’indice, rétablissement du jour de carence, suppression de 120 000 postes d’ici 2020) et celle sur les 150 000 contrats aidés qui sont ou en voie d’être supprimés, c’est bien un renforcement d’un projet de droite réactionnaire qui attend enseignants et élèves. Dans ses déclarations de la rentrée, après avoir participer à l’université d’été du MEDEF, Blanquer a matraqué contre le soi-disant « égalitarisme » qui plomberait le système scolaire hexagonal et, bien entendu, les « méthodes pédagogiques fragilisantes » dont seraient comptables les enseignants. Envolée donc les discours sur l’égalité républicaine, nous voici sous l’air décomplexé de l’école à double vitesse et de la sélection. Même s’il ne faut pas avoir d’illusions sur les inégalités structurelles qui existent entre les élèves des quartiers riches et ceux des quartiers populaires qui ne jouissent pas des mêmes moyens pour la réussite, le gouvernement Macron entend renforcer les inégalités par l’instauration de la sélection à l’entrée à l’université parce que pour Macron, « l’université n’est pas pour tout le monde ». Au même moment, le ministère prévoit la réforme du BAC qui supprime les des spécialités en terminale, renforce le contrôle continu tout en diminuant au nombre de 4 matières le contrôle terminal. Tout cela, pour faire des économies car le Bac « coûte trop cher ». Le risque majeur est de renforcer les inégalités socio-spatiales. En effet, réformer le baccalauréat servira à accentuer la concurrence entre les lycéens, les établissements et les universités. Derrière le « bac musclé » qu’invoque Blanquer, c’est purement et simplement la sélection des futurs travailleurs qu’il veut instaurer dès le lycée.

Au cœur de la loi travail, l’inversion de la hiérarchie des normes

Surtout, ce qui touche au cœur de la loi travail, c’est bien la question de l’inversion de la hiérarchie des normes au profit de l’entreprise. Elle met dans les mains du patronat un arsenal très large afin de faire passer des plans de licenciements, d’augmentation du temps de travail, de contrats précaires....
 
Or, ce même schéma est en train d’être appliquer dans la fonction publique et plus particulièrement dans l’éducation nationale avec un statut des enseignants de plus en plus fragilisé, la réforme du collège, le PPCR ( Parcours professionnel carrière rémunération) et la réforme de l’évaluation, instaurés pas le gouvernement Hollande. Des réformes qui relèvent d’une même logique : sous couvert d’autonomie, renforcer la gestion locale et le pouvoir du chef d’établissement. Le projet de refondation de l’école s’appuie sur une plus grande « autonomie des établissements » - entendre pénurie des moyens, partenariat privé et accroissement du pouvoir du chef d’établissement – qui porte sur les horaires de cours mais aussi sur l’organisation du travail pour les enseignants en fonction des « projets d’établissement » et des objectifs définis par le principal. Cette plus grande flexibilité du travail permettra une évaluation individuelle en fonction de « l’efficacité des personnels », une efficacité qui n’aura plus grand chose à voir avec la qualité des cours et du suivi des élèves. Derrière la réforme de l’évaluation, c’est en réalité tout ce modèle de l’entreprise qui entre définitivement dans l’éducation. Objectifs, entretien individuel et sanctions professionnelles pourraient venir remplacer la double notation actuelle (notation de l’inspection couplée à celle du chef établissement) et déterminer éventuellement « une prime selon les résultats ».
C’est ce modèle de management que Blanquer prône et souhaite renforcer dans l’Education nationale. S’il reste encore flou, il n’hésite pas à parler de flexibilité, d’autonomie à renforcer dans les écoles. Le tout accompagné de discours sur l’éducation prioritaire et d’augmentation des budgets pour le primaire. Du vent ou au mieux, une carotte pour mieux faire passer les coups de bâton.

Public-privé, tous concernés. Construisons une mobilisation d’ensemble interprofessionnelle

Cette rentrée scolaire a été marquée par plusieurs mobilisations d’établissements, notamment dans les lycées des zones d’éducation prioritaire dans le 93. Le raz-le-bol sur le manque de moyens matériel et humain est criant : établissements délabrés, manque de personnel en vie scolaire, d’agents de service, classes surchargées, augmentation de la précarité, fin des contrats aidés. La situation devient alarmante. Les grèves et mobilisations qui ont lieu toute la semaine sur ces questions sonnent comme un premier tour de chauffe pour unir nos voix le 12 septembre, une date de mobilisation qui devra être à la hauteur des attaques qui nous concernent tous.
C’est donc tous ensemble, fonctionnaires, salariés, précaires, lycéens, étudiants que nous devons lutter et construire à travers les AG sur nos lieux de travail et d’études mais aussi dans des AG interprofessionnelles un plan de bataille unifié contre la politique de casse sociale du gouvernement Macron.

crédits photo : Frédérick Florin/AFP




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