Politique

Philippe Poutou

Présidentielles 2017. Faire entendre notre voix, prendre nos affaires en main !

Publié le 23 novembre 2016

Philippe Poutou

On nous en met plein la tête avec les primaires de la droite, et ce n’est pas fini car se profilent déjà celles du PS. Sans parler de tout le bruit fait autour du prétendu candidat « hors-système » Macron...

Mais au bout du compte, nous n’avons droit qu’à des discours ultra­libéraux, aux promesses sans lendemain si ce n’est celles d’une même politique de remise en cause des droits des salariéEs et d’attaques contre les droits et le niveau de vie de la majorité de la population.

La guerre de classe est déclarée

Après quatre ans de reniements et d’attaques antisociales, le gouvernement PS a bien ouvert en grand les portes du pouvoir soit à une droite dure qui revient pour faire très mal, soit à une extrême droite faussement « anti-système » car tout aussi servile à l’égard des possédants.

En clair on nous étouffe. Une seule idéologie, une seule perspective... C’est une véritable guerre de classe menée quasi ouvertement par les capitalistes contre les exploitéEs, celles et ceux déjà bien fragilisés par des années de crises. On nous étouffe, on veut nous écraser, pour nous faire oublier le mouvement contre la loi travail qui a quand même fait trembler ce gouvernement.

Mais tout n’est pas fini et nous n’avons pas dit notre dernier mot. Car même dans une situation difficile, même à contre-courant, se faire entendre est primordial pour préparer la riposte de notre camp social.

Nous affirmer là où on ne nous attend pas !

C’est la raison pour laquelle nous tenons à être présents à l’élection présidentielle. Nous mettrons l’énergie qu’il faut pour obtenir les parrainages auprès des éluEs, pour convaincre de notre légitimité. Car oui nous voulons nous inviter au banquet des politiciens, ces serviteurs des riches. Être là où il n’est jamais prévu que l’on soit parce que, pour ces gens, il n’y a qu’une seule politique envisageable, la leur, et parce que le pouvoir ne se partage pas, c’est le leur !

Les prochaines élections ne changeront pas notre vie, on le sait. Et y participer, même pour dénoncer les richesses indécentes des fortunés ou les inégalités sociales insupportables, cela ne peut remplacer les luttes sociales radicales et l’intervention collective de millions de gens. Mais il est important, aussi sur le terrain électoral, que celles et ceux qui trinquent se fassent entendre, que s’exprime la révolte contre un système capitaliste qui broie nos vies et qui détruit la planète, contre le racisme, contre le sexisme, contre tous les préjugés qui divisent les oppriméEs.

Face à l’égoïsme des riches, à leur parasitisme, il faut que s’affirme l’espoir d’un autre monde, solidaire, sans frontière, sans oppression ni exploitation. Il faut refuser la résignation pour faire vivre les idées de la lutte, la perspective de mobilisations sociales profondes pour répondre aux urgences sociales, démocratiques et écologiques : interdire les licenciements, stopper les suppressions de postes pour défendre et étendre les services publics, ou socialiser les banques et le secteur de l’énergie pour enlever aux capitalistes les moyens de nuire.

Reprendre la main, nous organiser

Même si cela peut paraître utopique, au cœur de l’élection présidentielle, nous voulons défendre un programme politique de rupture radicale, défendre cette idée simple que les richesses existent pour combattre le chômage, embaucher, permettre aux anciens de partir tôt à la retraite, accueillir les migrantEs, offrir un logement à touTEs, assurer l’accès gratuit aux soins...

Mais pour cela, il faut une véritable démocratie dans laquelle la population peut décider collectivement de ce qui la concerne, où les richesses sont réparties et utilisées pour satisfaire les besoins de touTEs. Une société où les oppriméEs prennent enfin leurs affaires en main et où le pouvoir change de camp, où l’économie change de mains.

Cette campagne est un moment pour défendre ces perspectives. Bien sûr, le NPA n’a la prétention ni de porter solo cette perspective de luttes d’ensemble ni de représenter à lui seul l’ensemble de notre camp social. Mais contre la multiplicité des politiciens abonnés au pouvoir, qu’ils soient de droite comme de gauche, nous ne serons pas de trop pour y faire entendre une autre voix.

Alors que notre camp est aujourd’hui désuni, fragile, il est nécessaire de se regrouper pour construire une force politique radicale et anticapitaliste, un outil pour que les exploitéEs se représentent, s’organisent. Pour reprendre la main. C’est tout le sens de notre campagne, de notre candidature. Ensemble.