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Notre classe

Acte 9 et fermeture d’usine

Poutou et les ouvriers de Ford Blanquefort appellent à manifester aux côtés des gilets jaunes

Pour ce 9ème acte, le syndicat CGT Ford appelle à rejoindre les gilets pour la manifestation bordelaise. Dans un contexte où l’avenir de l’usine est toujours en balance et suite aux annonces de Ford concernant une nouvelle vague de licenciement en Europe, la convergence entre ces luttes est plus que nécessaire.

Les ouvriers de Ford aux côtés des gilets jaunes

Depuis le début de la mobilisation des gilets jaunes, des ouvriers de Ford Blanquefort, participaient, à titre individuel aux manifestations à Bordeaux, notamment certains militants de la CGT. Ils avaient par ailleurs été très bien accueillis par les manifestants, signe que la question de la fermeture de l’usine, combiné avec la campagne de Philippe Poutou aux dernières élections présidentiels, ont eux un écho positif parmi les mobilisés. Pour cet acte 9, c’est l’ensemble de la CGT Ford qui lance un appel à rejoindre les gilets jaunes à travers un communiqué publié sur leur page facebook :

« Acte 9 : manifestons samedi 12

L’équipe CGT-Ford appelle à manifester ce samedi 12 janvier, à l’occasion de l’acte 9 du mouvement des Gilets Jaunes. Nous appelons l’ensemble des collègues à y participer nombreux et à venir avec les tee-shirts « Ford » pour faire le lien entre nos colères, celles contre les inégalités sociales, contre la précarité, les conditions de vie toujours plus difficiles, contre les licenciements et les fermetures d’usines.
Pour la première fois depuis longtemps, il semble possible de stopper les politiques de reculs sociaux et d’imposer des réponses à l’urgence sociale, des augmentations des salaires, des pensions de retraite, des minima sociaux...
Se rajoute l’importance de la lutte contre la répression très grave qui s’abat sur les manifestants. Il y a la brutalité policière, les gazages, les tirs de grenades, de flash-ball et les arrestations, les gardes à vue, les condamnations à des peines de prison.
Le camp des possédants ne supporte pas la contestation sociale et la remise en cause de leurs privilèges. A nous, les gens d’en bas, de défendre nos vies, nos droits démocratiques, notre liberté d’expression et de contestation.

Alors rendez-vous à 13h ce samedi 12 Janvier, Place de la Bourse à Bordeaux. »

Un pas supplémentaire et nécessaire dans les jonctions entre les gilets jaunes et les structures syndicales, comme on le voit de plus en plus à travers la France.

L’avenir de l’usine toujours en balance : vers une nationalisation temporaire ?

Alors que la validation du PSE (Plan de Sauvegarde des Emplois) est en cours par les instances gouvernementales (la DIRECCTE), le gouvernement maintient sa position de fermeté vis à vis de la fermeture de l’usine et notamment depuis que la direction de Ford a refusé la proposition de reprise de l’usine de Blanquefort par le groupe Punch. Une position évidemment hypocrite de la part d’un État qui a mis en place les lois et les conditions d’un scénario de fermeture comme celui-ci. Le fait est que Bruno Le Maire a réaffirmé la possibilité d’un rachat temporaire de l’usine : « S’il faut que l’État fasse la transition, rachète le site pour le revendre à Punch Powerglide (le potentiel repreneur belge, NDLR.), cela ne me pose aucune difficulté. ». On est évidemment loin d’une réelle nationalisation de l’entreprise, mais plutôt dans le cas d’une temporisation de la part d’un gouvernement qui ne peut pas se permettre de fermer les yeux sur le désastre social que cette fermeture de plus en plus certaine va produire.

Ce vendredi 11 janvier, l’instance devant valider le PSE, la DIRECCTE (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, du travail et de l’emploi), a repoussé sa décision au 28 janvier, suite à des pièces manquantes dans le dossier. Une décision accueilli par les différents groupes comme un délai supplémentaire pour trouver une solution à la fermeture. Lors de la clôture du PSE en décembre dernier, les différents syndicats de l’usine espéraient dors et déjà que le PSE serait remis en cause par la DIRECCT et permettrait ainsi d’obtenir ce type de délais.

La direction de Ford poursuit sa stratégie de casse sociale en Europe

La direction de Ford a récemment annoncé un plan de restructuration de son activité en Europe, une annonce qui fait frémir les 24 usines encore présentes sur le continent. C’est, de fait, une politique qui était pressentie à travers la fermeture de l’usine de Blanquefort qui vient se confirmer à travers les récentes communications de la multinationale.
Steven Armsrtong, patron de Ford Europe reste vague sur les implications de cette restructuration :
« Nous ne pouvons pas donner plus de détails tant que nous négocions avec les différentes organisations syndicales concernées par ces restructurations, […] Cependant, nous pouvons indiquer qu’un nombre significatif d’emplois sera supprimé. »

Mais une chose est sur, Ford va tailler sa masse salariale, qui atteint aujourd’hui 53 000 personnes à travers l’Europe. Cette restructuration intervient suite aux mauvais résultats économiques du constructeur américain, qui a vu ses actions chuter de 33 % durant l’année. En Europe la marque pose un objectif de 6 % de marge, là où durant le semestre 2018, c’est une marge négative de 3,3 % et donc une perte de 245 millions d’euros qu’a rencontré l’entreprise. A partir de là, dans la même logique que pour l’usine de Blanquefort, l’entreprise va chercher à réduire sa masse salariale, en licencient si nécessaire ses ouvriers.

En France, Ford possède outre l’usine qu’elle va fermer un autre établissement en Gironde, voisin de l’usine de Blanquefort : l’usine de GFT (Getrag Ford Transmissions).
Même si Ford ne possède pas l’usine dans sa totalité, les annonces inquiètent évidemment les ouvriers, qui voient actuellement leur collègues de FAI (Ford Aquitaine Industrie) se faire licencier.

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