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Politique

Bientôt « obligés de travailler jusqu’à 75 ans » ?

Pouvoir d’achat, santé, retraites : les retraités disent leur inquiétude

Sur le chemin pour rejoindre la manifestation, une vieille dame brandit un carton « J’ai faim » peut-on lire. Après la hausse de la CSG et le gel de l’évolution des pensions de retraités, les retraités sont en colère. Ils s’étaient donné rendez-vous ce mercredi 3 octobre, place de la République, à l’appel de 9 organisations syndicales. Témoignages.

crédit photo : VidalMatteo @RP

Pendant qu’un groupe rejoint le métro direction l’Assemblée nationale, d’autres sont restés pour témoigner. Ils étaient près d’un millier à s’écouter. « Il suffit de faire payer ceux qui ont du pognon… » pouvait-on entendre.

« On voit des luttes d’un côté, des luttes de l’autre : mais ce n’est pas cela qu’il faut faire ! Cette une lutte globale, générale ! »

« Merci à tous les syndicats qui sont là. Formidable, des gens qui en veulent ! C’est dommage qu’il n’y ait pas plus de retraités qui soient là pour manifester. Mais je peux vous dire une chose, moi je ne veux pas prêcher à des convaincus, ici, on est tous convaincus qu’il faut se battre.

Aujourd’hui on est avec un gouvernement hyper libéral, qui nous mène à la Thatcherisation de la France. Moi je n’ai pas peur de le dire ! Si nous continuons comme ça, à nous dire : à de temps en temps, oui j’aimerai bien y aller, mais voisin il y va lui, donc bon, j’irais une autrefois.

Qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Je ne veux juger personne et je ne suis pas là pour cela ; mais aujourd’hui, on voit des luttes d’un côté, des luttes de l’autre : mais ce n’est pas cela qu’il faut faire ! Cette une lutte globale, générale ! Avec une grève générale ! Et quand on voit des syndicats comme la CFDT qui sont des pourris, des pourris ! Il fallait combattre ces gens-là. Je n’ai pas peur de la dire, c’est gens-là font accord avec le gouvernement et avec le libéralisme ! Voilà, et il faut les combattre ! »

« Moi je suis un ancien prof, vous m’imaginais à 75 ans, parler à des jeunes de 17-18 ans ? Cela devient un peu compliqué. »

« Le problème que nous allons vivre bientôt, si nous ne sommes pas assez nombreux pour nous y opposer, c’est une future réforme des retraites, comme celle qui existe actuellement en Suède et pour laquelle le premier ministre il y a trois ans, a dit aux futurs retraités : si vous voulez conserver votre retraite avec la même pension, vous allez être obligé de travailler jusqu’à 75 ans.

Moi je suis un ancien prof, vous m’imaginais à 75 ans, parler à des jeunes de 17-18 ans ? Cela devient un peu compliqué.

« Macron et ses sbires veulent remplacer des statuts, des titulaires de la fonction publique, par des contrats »

Donc, ce qui est déjà dans les tuyaux c’est que chez nos camarades du privé il y a eu une réforme, par point, concernant la complémentaire. Mais elle n’est pas suffisante. Elle baisse d’année en année. Ils sont alors obligés d’avoir une complémentaire retraite par capitalisation au gré de la bourse et du CAC 40. De cela on n’en veut pas !

Mais il n’y a pas que ce dossier-là. Il y a le dossier de la fonction publique. La fonction publique c’est quoi ? C’est un ensemble de services qui rend service au public. Et c’est pour cela qu’il a son importance. Et la fonction publique est aussi dans le collimateur. Elle est dans le collimateur parce que Macron et ses sbires veulent remplacer des statuts, des titulaires de la fonction publique, par des contrats. Et on sait très bien qu’un contrat, moi j’en connais, des collègues de la poste qui sont venus travailler au centre de tris d’Amiens pour une heure ! Avec trois quart d’heure de trajet-aller. Les contrats, c’est la merde complète. Et évidemment, c’est la misère au niveau des salaires. Donc on ne veut pas de cela !

« A chaque fois que vous prenez une boîte de médicament vous y laissez quelques euros et plus ça va, moins on est remboursé. »

Puis j’ajouterai une dernière chose qui nous aient communs à tous, en particulier pour nous les retraités, c’est la santé. Et alors la santé, comme vous l’avez déjà remarqué, depuis de nombreuses années, à chaque fois que vous prenez une boîte de médicament vous y laissez quelques euros et plus ça va, moins on est remboursé. Et du coup, le problème de savoir comment on est remboursé au sein de la sécurité sociale, par nos caisses qui remboursent les médicaments et les prestations, se pose. Actuellement, la voix qui semble être à la mode, c’est : on a des besoins et on confit tous ça au public et au privé. Mais chacun sait que dans les cliniques privées, il y a des actionnaires. Et quand vous allez payer une clinique privée, vous en laissez une partie à ses actionnaires et donc les services publics ne fonctionnent pas correctement.

« le 9 aux côtés de la fonction publique et le 18 les retraités seront de nouveau dans la rue »

Je conclurai en disant, que nous sommes là en tant que retraités aujourd’hui. Le 9, certains camarades en parlaient, on sera à nouveau dans la rue sur des questions plus générales, et en ce qui nous concerne, sur la fonction publique. Et le 18, les retraités seront de nouveau dans la rue et puis cela ne va pas s’arrêter là. Il faut poursuivre, en faisant en sorte que toutes les organisations syndicales se mettent ensemble pour s’attaquer à tous ces dossiers de façon à que cela ne soit pas le Président des riches et des très riches qui gagne mais que le peuple puisse donner son avis et remporter quelques victoires. »




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