Jeunesse

Témoignage. Politique austéritaire à la fac

Premier jour en amphi. ’Si la prochaine fois vous êtes toujours autant, j’en vire certains’

Publié le 21 septembre 2016

Correspondant

Aujourd’hui, c’est mon premier jour à la fac. Je rentre en licence de Musicologie à Paris 8. Il est midi un peu passé et j’arrive avec quelques minutes de retardà mon deuxième cours de la journée. Tout le monde est déjà assis, nous sommes deux étudiants à ne pas avoir de chaise. Pas d’autre choix que de s’asseoir par terre.

Heureusement, une salle à coté est vide et nous y prenons des chaises supplémentaires pour se grefferà la table d’autres étudiants.Le prof nous prévient : « Pour des raisons de sécurité je ne peux pas accueillir dans ma classe plus d’une cinquantaine d’élèves et vous êtes déjà cinquante. Donc, si la semaine prochaine, vous êtes toujours en surnombre, je devrai en virer certains... »
Il faut préciser qu’il s’agit d’un cours impératif pour se spécialiser l’année prochaine, c’est-à-dire que les étudiants virés du cours par manque de place et quisouhaitent choisircette spécialité doivent soit redoubler, soit se réorienter.

Ma journée de cours se finit et j’en ai déjà marre d’une fac qui a suffisamment d’argent pour payer des vigilesà l’entrée, mais pas assez pour permettre des conditions correctes pour étudier. En arrivant le matin, j’avais cru accéder au « monde de la connaissance », laisser derrière moi les années de lycée pour forger mon esprit et ma réflexion, affiner ma culture ; et je me retrouve dans un cours de musique à 50 par classe, à devoir analyser des extraits musicaux (parasités par le bruit des travaux juste à côté) sur une demi table, le dos tordu...

On m’avait déjà parlé du manque de budget dans l’éducation supérieure, des classes surchargées et de tout ce qui s’ensuit, mais j’en prends plus que jamais la mesure aujourd’hui.
À travers ce témoignage, je veux exprimer aussi une véritable haine que j’ai pour ces ministres et ce gouvernement, qui ont apparemment des priorités dans leur budget, dépensent plus d’argent à acheter les armes qui éborgnent des manifestants qu’à assurer aux étudiants une accession au savoir moins "mutilée".