Jeunesse

La jeunesse contre la loi travail

Première AG étudiante réussie à Montpellier

Publié le 10 mars 2016

Dom Thomas

Calendrier universitaire oblige, ce n’est qu’hier que s’est tenue la première assemblée générale étudiante du mouvement contre la loi travail à l’université Paul Valéry Montpellier 3. La séance a été l’occasion de revenir sur la journée de mobilisation de mercredi 9 mars et d’envisager les suites à donner au mouvement. Conscient.e.s du rôle crucial joué par la jeunesse dans le démarrage du mouvement, les étudiant.e.s réuni.e.s ont affiché leur détermination à ne rien lâcher.

En cette matinée de rentrée, c’est une centaine d’étudiant.e.s qui a participé à la première AG étudiante du mouvement, à l’appel du collectif Jeunes contre la loi travail 34, dans la lignée de l’appel unitaire des organisations de jeunesse. Un chiffre élevé pour une toute première matinée de reprise, mais qu’il va falloir travailler à massifier pour construire la mobilisation, à l’image des assemblées de lancement du mouvement qui ont eu lieu à Paris 8, à Toulouse, à Lyon, à Paris 1, à Grenoble – soit au total dans une soixantaine d’universités françaises – mais également dans des lycées parisiens.

Un contenu offensif pour construire la suite du mouvement

L’assemblée générale a été l’occasion de revenir sur les raisons de se mobiliser contre cette loi travail, point culminant des attaques contre les droits des travailleurs et des travailleuses sous le mandat de Hollande. L’AG s’est prononcée à une très large majorité pour le retrait total du projet de loi, sans négociation ni amendement possible, rejetant ainsi les propositions d’un représentant de la FAGE. Les étudiants mobilisés n’ont pas hésité à se prononcer en faveur de revendications plus larges : arrêt immédiat des pratiques illégales qui pèsent d’ores et déjà sur les travailleurs les plus précaires, réduction du temps de travail à 32h, retraite à 55 ans.

Conscients que l’état d’urgence permet au gouvernement et au patronat d’intensifier les attaques contre nos droits et nos acquis sociaux, l’AG s’est également prononcée pour la levée de l’état d’urgence, en appelant à manifester samedi 12 mars à 14h au départ de Plan Cabanes. La manifestation, soutenue par l’intersyndicale locale et l’AG indépendante qui s’est tenue le 9 mars, portera les deux mots d’ordre : levée de l’état d’urgence et retrait du projet de loi travail.

Un comité de mobilisation a été mis en place et se réunira pour la première fois aujourd’hui à 12h afin de mettre en œuvre les décisions prises à l’AG : diff sur le campus de Paul Valéry mais également en direction de la fac de sciences et des lycées, organisation de cinés-débats, proposition d’une réunion d’information.

L’AG a également acté la participation à la prochaine journée d’action nationale, fixée au 17 mars. Une nouvelle AG aura lieu le 15 mars à 10h en amphi A, et une motion adressée aux personnels universitaires a été votée afin qu’ils rejoignent le mouvement. L’AG a également décidé d’interpeler la présidence pour lui demander de banaliser la journée du 17, à l’image de ce que le président du Mirail avait annoncé pour la journée du 9 mars.

Déclaration d’AG : Montpellier 3 se joint à l’appel

Pour clore la séance, l’AG montpelliéraine a adopté l’appel préalablement voté dans plusieurs facs de France, repris ci-dessous. Montpellier 3 se joint ainsi à un mouvement unitaire porteur d’espoir pour la mobilisation, qui exigera très prochainement une coordination des universités à l’échelle nationale.

Nous, étudiant-e-s de l’université Paul Valéry, réuni.e.s en Assemblée Générale le 10 mars, exigeons, comme l’ont déjà fait des centaines d’étudiant-e-s du Mirail, de Paris 8, de Grenoble, le retrait pur et simple du projet de loi sur le Travail et des mesures immédiates pour lutter contre la précarité.

Dire, comme le fait la Ministre Mme El-Khomri, que ce serait « absurde » que les jeunes se sentent concerné-e-s par cette loi qu’ils n’auraient pas « comprise », c’est prendre les jeunes pour des imbéciles. Nous avons bien compris le projet de loi, et c’est pourquoi nous le refusons. Nous refusons de travailler plus (jusqu’à 46 heures par semaine) pour gagner moins. Nous refusons de nous faire virer encore plus facilement pour grossir les chiffres du chômage qui nous touchent déjà particulièrement.

Ce refus, nous entendons l’exprimer dans la rue et par le nombre. A dix ans de la lutte contre le CPE, c’est bien le spectre d’une mobilisation massive de la jeunesse convergeant avec celle des travailleur.se.s qui hante le gouvernement. C’est ce qui explique le report de la présentation du projet de loi devant le conseil des ministres. Avant même que nous ne soyons descendu.e.s dans la rue, la peur a déjà commencé à changer de camp !

Nous comptons bien donner raison à cette peur, et nous ne nous laisserons pas tromper par les manœuvres du gouvernement. Loin d’attendre assis la présentation d’une nouvelle mouture du projet de loi, c’est le moment de se mobiliser massivement pour imposer son retrait pur et simple. En ce sens, le 9 mars a été une échéance très importante et n’est en même temps qu’un début.

Nous sommes conscient-e-s que pour faire reculer définitivement le gouvernement, c’est un mouvement d’ensemble dans la durée qui sera nécessaire.

C’est pourquoi nous appelons àune prochaine AG le 15 mars à 10h (amphi A)et invitons l’ensemble des personnels universitaires de Paul Valéry à faire de même.

Nous nous joignons à l’appel à manifestation samedi 12 mars contre l’état d’urgence et pour le retrait de la loi travail (départ de Plan Cabanes à 14h).

Nous invitons l’ensemble des universités réunies en Assemblée Générale :
- à appeler à une nouvelle journée de mobilisation nationale le 17 mars prochain
- à travailler à la massification du mouvement par un travail d’explication patiente sur les conséquences de cette loi
- à ce que des initiatives soient prises pour faire le lien avec les travailleur-euse-s et les lycéen-e-s mobilisé-e-s, dans la perspective d’un tou-te-s ensemble
- à travailler dès maintenant à la coordination des universités en lutte après la manifestation du 17 mars

Pour retrouver les relevés de décisions des AG montpelliéraines, c’est ici.