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Politique

Vers un 8ᵉ groupe à l'Assemblée ?

Première rupture au sein du groupe parlementaire LREM

Le groupe parlementaire LREM connaît sa première division depuis que Jean-Michel Clément a voté contre la loi asile et immigration. Fort de ce premier pas, le député entend bien ne pas en rester là et pense déjà à fonder un huitième groupe parlementaire à l'Assemblé e. L'unité de la majorité présidentielle, menée d’une main de fer par Richard Ferrand, serait-elle en train de se fracturer sévèrement ?

Les tensions chez LREM étaient palpables lors des séances qui ont précédé le vote de la loi asile et immigration. Richard Ferrand, chef du groupe parlementaire à l’Assemblée, avait tapé du poing sur la table et menacé d’exclusion tous ceux qui voteraient contre. Résultat des courses, seul un député a franchi la ligne rouge : Jean-Michel Clément, ex-député PS passé LREM, qui s’est lui-même mis en « congés » de la majorité parlementaire. Mais on compte aussi quatorze abstentionnistes chez les marcronistes et près de quatre-vingt-dix-neuf marcheurs qui ne se sont pas déplacés pour voter.

Même si la loi Asile-immigration est passée en première lecture à l’Assemblée et que Macron a réussi à faire taire la fronde qui grondait dans les rangs de sa majorité, il n’en reste pas moins que derrière les apparences, le projet de loi de répression contre les réfugiés a entamé la stabilité du groupe parlementaire. Jean-Michel Clément en est persuadé et il espère que son opposition solitaire va lui permettre de rallier à lui au moins quatorze autres députés afin de constituer un groupe à l’Assemblée.

Celui qui se « félicite d’avoir dit non à ce texte inique et d’être allé jusqu’au bout de [sa] démarche » pense pouvoir recruter auprès des quatorze abstentionnistes, des absents LREM lors du vote et des radicaux de gauche. Il entend ainsi « créer un nouveau groupe avec des parlementaires ayant une certaine vision de l’exercice de leur mandat ». Autrement dit, il compte élargir son audience et son temps de parole trop restreint au sein de la majorité où la discipline interne imposée par Ferrand peut en déranger certains. Sûr de sa démarche, le premier député « frondeur » se réjouit de penser que « le marché des transferts va bientôt commencer ! », ce qui n’est pas du tout du goût de François de Rugy, président de l’Assemblée qui s’inquiète de voir surgir un huitième groupe dans l’hémicycle.

Si l’édifice macroniste reste encore solide, il n’en reste pas moins que la loi asile-immigration a manifesté les premières fissures qui pourraient encore s’agrandir dans la majorité présidentielle. Les tensions autour des questions de bioéthique, sur lesquelles Macron a pris des engagements fermes en direction de la droite catholique et sur la réforme constitutionnelle, pour laquelle il ne dispose pas de majorité parmi les parlementaires, pourront encore affaiblir la majorité du président des riches.




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